Même si le ski alpin ne représente finalement que 10% des épreuves (10 sur 98), il reste
considéré comme le sport majeur aux Jeux d'Hiver, celui qui a généralement le plus de retombées médiatiques.
Organisation
La neige était présente et bien préparée, les caméras officielles nombreuses et bien installées, permetttant une excellente réalisation internationale. Bref,
tout semblait parfait pour ce sport à Sochi

…
Afp / Alexander KleinMalheureusement, la quinzaine s'est terminée par une
controverse concernant la
toute dernière course organisée, la
seconde manche du slalom masculin 
.
En effet, cette manche était tracée "
en dépit du bon sens" selon de nombreux spécialistes, avec des virages presque impossibles à prendre, mêmes pour les meilleurs skieurs

. Le résultat est une
véritable hécatombe, avec
34 abandons (dont plusieurs stars comme Ted Ligety, médaille d'or sur le slalom géant) pour seulement 43 classés. Et même pour ceux qui ne se sont pas fait piégés, ils ont livré
un spectacle assez désolant, une course
lente et hachée, indigne des JOs

.
Bon, le tracé n'est
pas vraiment de la faute de l'organisation russe, puisqu'il a été fait par le traceur de l'équipe croate, mais il est logique de parler de cela dans le paragraphe "organisation". Notons pour terminer, que malgré cette manche ratée au niveau tracé, le podium (et en particulier la victoire de
Mario Matt, qui avait déjà remporté la première manche) ne souffre
d'aucune contestation.
Les points forts
- 6 athlètes (2 hommes, 4 femmes) ont obtenu deux médailles en ski alpin dans ces Jeux, dont l'une en or pour quatre d'entre eux. Mais la meilleure est incontestablement Tina Maze (cf. photo plus bas), la seule à décrocher 2 médailles d'or (en descente et en slalom géant). Il s'agit en outre des deux premiers titres aux Jeux d'Hiver pour son pays, la Slovénie.
- L'autre point fort, c'est que la première de ces médailles d'or, celle de la descente féminine a été partagée
!! (cf. photo ci-dessus) : Dominique Gisin (SUI) et Tina Maze (SLO) ont en effet terminé dans le même centième de seconde (après 1'42" de course). C'est la toute première fois dans l'histoire du ski alpin aux Jeux olympiques que ce cas se produit, et cela a eu un grand retentissement, d'autant que c'était sur l'épreuve reine (la descente).
Notons que cet exploit rare s'était déjà produit pour des médailles d'argent ou de bronze (la dernière fois à Nagano en 1998), mais jamais pour un titre olympique. D'ailleurs, cela s'est AUSSI produit une seconde fois cette année, pour la médaille de bronze du super-G masculin, partagée entre le canadien Jan Hudec et l'américain Bode Miller.
Médailles
L'
Autriche remporte près du tiers des médailles (9 sur 30) dont 3 titres, et les
Etats-Unis suivent avec 5 médailles.
Les français
Moyens : bien sûr, on notera en particulier le
double podium (médaille d'argent et médaille de bronze) obtenu sur le
slalom géant masculin. Il est vrai que l'on avait beaucoup reproché à l'équipe de France l'absence de médaille en ski alpin lors des Jeux de Vancouver 2010. Ceci dit, ces deux médailles
sauvent réellement le bilan, car les chiffres sont en fait assez comparables à ceux de Vancouver.
-
Chez les hommes, on avait eu une 7
ème place, une 9
ème et 6 abandons il y a quatre ans. Cette année, c'est une 7
ème, une 8
ème, une 9
ème et 4 abandons (plus les deux médailles, donc).
=>
C'est donc mieux.

-
C'est les femmes, on avait eu une 5
ème place, une 7
ème, une 9
ème et 3 abandons. Cette année, c'est une 7
ème, une 8
ème et 4 abandons.
=>
C'est donc moins bien.

Néanmoins, la partie féminine de l'équipe en ski alpin est
arrivée décimée à Sochi

, la faute à de nombreuses blessures graves de dernière minute. La France était ainsi privée de son meilleur espoir de médaille chez les femmes : Tessa Worley. D'ailleurs, on avait
12 femmes engagées à Vancouver, et
seulement 6 à Sochi…

Retransmission FranceTV
Excellente : de TRÈS LOIN le sport
le mieux diffusé ET le mieux commenté sur FranceTv…

Getty ImagesDu côté de la
diffusion, ce sont les seules épreuves de tous les Jeux qui ont été
TOUTES diffusées dès le début (c'est à dire avec le dossard n°1, généralement tôt le matin), et
en intégralité (jusqu'au dossard 30, et sans aucune interruption publicitaire, même lors des secondes manches en soirée)

. Note : évidemment, il y a parfois 60 ou 70 partants dans une course comme le slalom, mais seuls les 30 premiers ont des chances, et personne ne veut voir des skieurs terminer à plus de 20 secondes… Il est donc normal "d'attribuer officieusement" les médailles une fois passés les trente premiers.
Et côté
commentaires, c'était tout bon aussi…

!!
Alexandre Boyon a largement gagné le prix du
meilleur commentateur dans ces Jeux. Il prouve ainsi qu'un
bon professionnel peut très bien changer de discipline avec
succès (il s'occupe normalement de natation), pour peu qu'il
bosse un peu. On a brièvement pu voir son environnement de travail pendant les épreuves, il était
entouré d'écrans, avec les listes de départ, les temps intermédiaires, les fiches sur les athlètes, etc… On était bien loin des quelques feuilles de papier crayonnés par Nelson Monfort au patinage !!

Cela lui a permis de commenter l'ensemble des courses de ski alpin avec intelligence et sans aucune faute. Il était en plus secondé par
deux consultants de qualité :
Carole Montillet pour les courses féminines, et
Luc Alphand pour les courses masculines. Ces derniers ont apporté les précisions techniques nécessaires, sans en faire de trop.
=> Bref,
pari gagné sur ce sport, et pour trouver des critiques, il faut vraiment
chercher la petite bête 
…
… Ce que nous allons faire, évidemment !

En fait, il y a 3 "détails" que l'on peut relever :
- Le premier jour, Luc Alphand a été accusé de faire à l'antenne de la publicité gratuite pour son équipementier (ce qu'il avait fait à deux reprises). Il a vite été remis à l'ordre, et cela ne s'est plus produit pendant le reste de la quinzaine.
- L'interviewer des skieurs et skieuses en bas des pistes était l'un des plus nuls que l'on puisse trouver : Jean-René Godart… Déjà fortement critiqué sur les Jeux d'Été en 2012, il a continué à poser des questions débiles aux champions, tout en écorchant régulièrement leurs noms. À noter, que sur ce ski alpin, et contrairement à ce qui se passait par exemple sur le ski acrobatique, l'interviewer s'est fait stopper à plusieurs reprises par le commentateur (Alexandre Boyon en l'occurence) afin que l'on ne loupe pas un concurrent (et c'est grâce à cela que la diffusion a été complète
). - Enfin, il y avait toujours ce retour en plateau 30 secondes trop tôt, juste avant l'affichage officiel du classement à l'écran. C'est un point général sur TOUS les SPORTS, et le ski alpin n'a malheureusement pas échappé lui non plus à ce problème de la réalisation française.