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#1  17-08-2009 23:09:49   LHC : les yeux plus gros que le ventre ?

Suite des "mésaventures" du LHC...

Cet article (nouvelle physique au lhc faudra-t-il attendre 2012 ?, passé sur le site mais pas commenté à temps), ainsi que les liens proposés à l'intérieur, qui expliquent techniquement le phénomène de "quench" qui "bloque" actuellement le LHC, est excellent, et résume bien la situation...

En gros :

- comme je le signalais dans mes articles de présentation ("LHC (1/2) : un instrument hors norme" et "LHC (2/2) : enjeux et expériences"), le LHC est A LA POINTE de la technologie actuelle.

- flirtant avec les limites, et ce, dans plusieurs domaines à la fois, il est inévitable qu'il y ait des incidents (cf. "Le LHC arrêté pour deux mois... puis six mois... puis un an").

- les réparations sont terminées et un (re)démarrage sera possible dès septembre (et pour tenter de rattrapper le retard de cette année, la période de "fermeture d'hiver" ne sera exceptionnellement pas respectée cet année, sous réserve évidemment que les conditions climatiques en Europe le permettent).

- MAIS on se rend compte aujourd'hui qu'il y a en plus un défaut de CONCEPTION (qui est dû aux limites technologiques actuelles, ou plutôt à des impératifs de temps/budget, ça ne veut pas dire qu'il ne puisse pas être résolu dans les années à venir) qui POURRAIT limiter les espoirs des physiciens.

Conclusion (provisoire) :

- pousser les équipements à la limite pose problème. C'est logique (et vaut pour n'importe quel équipement technologique).
- on a voulu repousser les limites de la physique (et même découvrir une nouvelle physique), mais on est rattrappé par la physique ("classique", si cet adjectif convient encore à ce niveau) elle-même. C'est de "bonne guerre" wink

La première remarque serait de dire : "ils ont eu les yeux plus gros que le ventre"...
Mais on ne peut pas reprocher à des physiciens "théoristes" de vouloir "dépasser" les limites physiques, après tout c'est leur rôle.

De plus, les problèmes actuels sont connus, maîtrisés, et POURRAIENT être résolus, même en l'état de nos connaissances : mais cela nécessiterait de remplacer TOUTES ces connections en cuivre (qui, rappellons-le, ne sont que des équipements de SECURITE, cela ne remet pas en cause le fonctionnement global), ce qui demanderait un temps CONSIDERABLE..
Et on rentre alors dans le domaine "politique" ou "de communication". Retarder encore plus le démarrage (après déjà un an de retard) serait plus "dommageable" que de démarrer "légèrement".

Du coup, le choix a été de démarrer à des énergies moins élevées, donc moins susceptibles d'occurer des problèmes.
Au grand dam des physiciens impliqués dans le projet, qui voient du coup leurs espérances s'envoler...
En effet, à 3,5 Tev par faisceau (soit 7 Tev au total, dans certains articles), au revoir la nouvelle physique... Quant à la détection du Boson de Higgs, on n'en parle même plus, il est clair qu'elle sera faite (ou pas, puisque cela reste une particule HYPOTHETIQUE) au Tevatron américain (le LHC pourra alors servir de "confirmateur").

Le CERN préfère communiquer sur le fait que le démarrage aura bien lieu début septembre, mais le constat est bel et bien un échec.. Relatif toutefois, car la "machine" existe bel et bien, il s'agit juste de la fiabiliser.

Concrètement, on va démarrer à des énergies faibles, ça va (au moins) permettre de tester "réellement" la grille de calcul. Parce que même si les tests se sont bien déroulés sur ce point, le "temps réel" est un meilleur test. Et quand il s'agit d'enregistrer et de distribuer dans le monde PLUSIEURS TO DE DONNEES PAR SECONDE, on se rend compte que le défi "Informatique" est à la mesure du défi "Physique"...
Ensuite, on va monter en énergie... jusqu'à ce que le problème se produise : un "quench" et c'est reparti pour un an de maintenance.

Quoi qu'il en soit, le LHC reste le plus excitant des projets "physique théorique" actuels. ITER est son pendant "physique appliquée", on verra ce qu'il en adviendra lorsqu'il sera construit...