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#1  20-01-2012 19:32:57   Fermeture MegaUpload

Dans le domaine de l'Internet, c'est l'évènement de ce début d'année.

Car malgré les lois et restrictions des dernières années (Hadopi en France, et d'autres dans le monde), PERSONNE n'aurait imaginé que les gouvernements iraient jusqu'à fermer le 13ème site le plus fréquenté au monde !!

Et pourtant, ils l'ont fait… sad
La jolie bannière du FBI, que l'on avait déjà vue sur des sites de streaming mineurs, est apparue hier sur l'un des acteurs majeurs dans le domaine de l'hébergement de fichiers (légaux ou pas, la décision est brutale et affecte tous les fichiers hébergés).

C'est incontestablement une action d'éclat qui va avoir des conséquences, positives ou négatives.
Pour ceux qui ne se rendent pas compte de l'ampleur de la chose, quelques chiffres :
- 150 millions d’inscrits sur le site.
- 50 millions de visiteurs par jour.
- 175 millions de dollars de recettes encaissées depuis septembre 2005 (dont la plupart grâce aux abonnements).
- 42 millions de dollars perçus par le seul Kim Dotcom (créateur du site), qui possède l’essentiel des parts.
- 25 péta-octets (!!) de données hébergées, sur plus de 1000 serveurs.
- 30 employés répartis dans 9 pays.

Une entreprise très rentable, donc, mais qui reflète surtout la société actuelle (le téléchargement "illégal" est l'utilisation MAJEURE d'Internet aujourd'hui, en terme de bande passante, et donc de coût pour les opérateurs).
Cela repose le problème sur de nouvelles bases.

En France, nous avons "Hadopi", qui est une loi mal ficelée (qui coûte un max, en plus), et SURTOUT en retard de 5 ans sur la société. En gros, la loi vise des usages qui sont aujourd'hui dépassés (et ce n'est pas la loi qui a changé les usages, contrairement à ce que certains politiques laissent penser). Le "peer-to-peer" a eu son heure de gloire, mais l'augmentation des débits a fait que les internautes sont passés sur le "streaming" ou le téléchargement direct. Deux domaines exclus d'Hadopi. Cette loi est donc morte-née, les derniers utilisateurs du peer-to-peer ont vite migré sur d'autres formes de piratage, bien plus efficaces.
Résultat : un gros gâchis des deniers publics, et une image forcément négative du gouvernement dans la blogosphère française, plus avertie sur ce sujet que la majorité de la population. yikes

Tout en étant "pirate" moi-même (c'est à dire téléchargeur, en l'occurence parfois sur MegaUpload), je reste "légaliste" et demandeur d'une législation claire (et mondiale, puisque la majorité des téléchargements issus de France concernent des programmes US).

Tout le monde le dit, une offre légale "accessible" est la meilleure riposte contre le téléchargement illégal.
Le problème est la définition de cette accessibilité. Et surtout, que cette définition soit partagée entre les ayants-droits (les studios) et les internautes. Les premiers ont fondé leurs rentabilité sur une notion d'exclusivité en premier lieu, suivie de droits affiliés, comme la revente à d'autres chaînes ou vente de leurs DVDs. Les seconds ont la culture de la gratuité, et de l'immédiate satisfaction.

Comment concilier ces deux visions ?
A priori, c'est facile, il suffit de le vouloir. TOUTES les chaînes devraient proposer un service "à la demande" permettant de visionner un programme juste après sa diffusion. Ce service existe déjà sur Canal+ (et peut-être également sur d'autres chaînes US), mais il est réservé aux abonnés. Ce qui ne sert à rien (ou peu). En étendant ce service à tous, et en le facturant intelligemment (quelques dizaines de centimes pour une série, un ou deux euros pour un film ou un match de foot), on réduit facilement le piratage.
Si les chaînes US jouent le jeu, on pourra avoir les derniers épisodes de notre série préférée de manière légale à seulement quelques euros. ET LÀ, le piratage va diminuer, je peux l'assurer…
Évidemment, les grands networks américains peuvent s'estimer lésés, car ils vont gagner peu au début. Mais il faut savoir faire des concessions lors d'une négociation : et si les internautes acceptent de payer "un peu", il faut que les producteurs acceptent de perdre "un peu" (forcément, ils ne re-vendront pas leur série au même tarif, et les ventes de DVDs peuvent aussi en pâtir).

Pour l'instant, la réponse des studios à l'évolution de la société est : répression, tribunaux, emprisonnement.
Certes, la loi actuelle (que ce soit en France ou aux Etats-Unis) leur donne raison.

Mais ce combat est futile, et ne fait que retarder le vrai débat qui doit avoir lieu sur la question des médias audiovisuels (films, séries), dès maintenant.