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#1  10-06-2009 01:35:22   Les vrais résultats des élections européennes

Après tous les commentaires plus ou moins ridicules (et au minimum, inexacts) entendus dans les différents médias français (et probablement aussi dans les autres pays) depuis dimanche soir, il me semble utile de revenir sur les chiffres REELS de ces élections.

L'analyse "franco-française"


La plupart des commentaires du genre "untel a remporté l'élection" ou "untel est le grand perdant de cette élection" sont UNIQUEMENT fondés sur :

1) une vision purement "nationale" du scrutin.

Or, ces élections n'ont RIEN A VOIR avec la politique nationale. On votait pour le Parlement Européen, et les différents "partis" (plus exactement, les "groupes politiques") représentés dans ce Parlement sont TOTALEMENT DIFFERENTS des partis politiques nationaux.
Malheureusement, autant les hommes/femmes politiques eux-mêmes n'ont pas été capables de sensibiliser les électeurs sur ce fait (considérant sans doute que les électeurs avaient BESOIN d'une référence nationale pour se sentir concernés par le vote, ce qui n'est peut-être pas faux en pratique, mais totalement contre-productif sur le principe..), mais SURTOUT, les médias ont largement participé à ce flou (et c'est le cas depuis que les scrutins européens existent).

L'une des raisons de l'abstention (certes, ce n'est probablement pas la plus importante), est que l'électeur NE SAIT PAS POUR QUOI (ou POUR QUI) il vote...
En effet, concrètement, on ne vote PAS pour l'"UMP", le "PS" ou le "MoDem".
On vote pour le "PPE-DE", le "PSE", l'"ADLE", etc...
Sans même parler des alliances (nécessaires) entre ces différents groupes lors des votes des directives européennes, il serait nécessaire de clarifier auprès des électeurs CE POUR QUI ils votent, pas seulement en terme de personnalités politiques, mais également en terme de groupes parlementaires.

A ce titre, la meilleure façon de procéder (imo) serait, au niveau européen :
- d'interdire la présentation de listes "non reconnues" au niveau européen.
- d'interdire juridiquement aux partis nationaux d'utiliser leur sigle national sur les affiches, tracts et bulletins de vote.
- d'imposer aux médias nationaux de ne parler que des "sigles officiels" (dans les sondages pré-électoraux, ET dans la présentation des résultats).
Par exemple, en France, le mot "MoDem" n'aurait JAMAIS dû être prononcé, seul "ADLE" serait admis. De même, exit le "Parti de Gauche", obligé de s'intituler "GUE" (et de s'allier de-facto avec les listes Lutte Ouvrière et NPA).
Bon nombre de "petites listes" auraient ainsi disparu (ce qui, en plus de la clarification pour les électeurs, aurait conduit AUSSI à un meilleur score), et les enjeux du vote en aurait été clarifiés.

Note : il subsiste un problème aux "règles" évoquées ci-dessus. Celui du groupe NI ("non-inscrits"). En France, cela reste assez clair, cela correspond au FN. Mais dans d'autres pays, le groupe "NI" correspond à d'autres sensibilités politiques (voir Royaume-Uni par exemple), ce qui fait que le score global de NI n'est pas (totalement) représentatif des idées nationalistes du FN français..

2) des résultats en pourcentage, ce qui donne une image TOTALEMENT FAUSSE du scutin.

La façon de présenter les résultats dès dimanche soir par les différents médias français (tous confondus) était LA PLUS MAUVAISE POSSIBLE.
Sans revenir sur l'aspect des "noms des partis" (cf. point précédent), l'utilisation de pourcentages n'est pas du tout justifiée dans ce type d'élection : à UN TOUR et à la PROPORTIONNELLE. Seul compte le nombre de sièges obtenus, point barre..
(ce n'est pas une élection "comme les autres", QUAND allez-vous l'admettre ?)

A l'inverse des élections législatives françaises, où l'on compte en pourcentage PUIS en "projection de sièges", dans ce cas particulier on aurait dû voir s'afficher directement les estimations de sièges, PUIS éventuellement les estimations en pourcentages nationaux. Encore une fois, c'est une vision franco-française du scrutin par les médias qui est CONTRE-PRODUCTIVE pour l'Europe. D'ailleurs, il aurait MEME été mieux d'attendre une heure ou deux pour proposer DIRECTEMENT une première estimation EUROPEENNE (globale), AVANT de passer sur les résultats français... Bref, un gros mauvais point pour l'ensemble des médias français, pendant la campagne ET pendant les résultats, ce n'est pas comme cela que l'on donnera envie aux français d'aller voter aux Européennes prochaines.

Cette présentation faussée est faite UNIQUEMENT dans le but de provoquer des débats dans le cadre national, ce qui est ridicule, par principe, et également dans les faits : les journalistes/commentateurs se précipitent en comparant le score de F. Bayrou à ces élections avec celui qu'il avait réalisé lors des Présidentielles.. C'est stupide.. Mais ça fait parler, et c'est bien là le but des médias. Quid du devoir d'INFORMER ? (sous-entendu : donner les infos importantes et réagir intelligemment; je ne dis pas que TF1 et F2 nous ont menti, mais ils ont présenté les infos "à leur sauce"...)

Note : et si vous voulez des pourcentages, alors en voici deux, qui n'ont pas été exprimés lors de cette soirée électorale "française" :
- les députés PPE (UMP) français élus représenteront : 3,94% du Parlement (et 1,72% de la population européenne si l'on prend en compte l'abstention globale européenne).
- les députés PSE et Verts français élus représenteront l'un et l'autre : 1,9 % du Parlement (et 0,83% de la population européenne si l'on prend en compte l'abstention globale européenne).
Ces chiffres relativisent l'importance de la France dans les décisions européennes (et surtout les commentaires du genre "grand gagnant" ou "grand perdant" quand ils sont rapportés au critère national).

Avec 72 députés sur 736, la France ne représente que 10% du Parlement (quelque soit les rapports politiques entre-français). Il serait donc temps que les médias nous parlent d'autre chose que les pourcentages entre les partis français, pour nous parler ENFIN d'EUROPE et des équilibres politiques REELS...

Les vrais résultats


Heureusement, certains médias FONT BIEN leur boulot...
Grâce au site LeMonde.fr, voici ci-dessous les VRAIS RESULTATS, tels qu'ils AURAIENT DUS être présentés au public par TF1, FR2, i-Télé, France24 ou autres..

Pays par pays, avec des chiffres EN SIEGES, et surtout AVEC LES VRAIS NOMS des groupes politiques en question (et avec en plus, le taux de participation pays par pays).


 
 
 
 
 
 
 


Evidemment, une "légende" peut être nécessaire, et puisque les médias n'ont pas été capable de nous la fournir AVANT l'élection, voici la liste des sigles des partis européens, je m'y colle :

  • PPE-DE : Parti populaire européen et des Démocrates européens. En France : UMP et Nouveau Centre.
  • PSE : Parti socialiste européen. En France, Parti Socialiste.
  • ADLE : Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe. En France,  MoDem.
  • Verts / ALE : Groupe des Verts / Alliance libre européenne. En France, Les Verts / Europe Ecologie (même si une liste "dissidente" s'est présentée dans une Région).
  • GUE / NGL : Gauche unitaire européenne / Gauche verte nordique. En France, "Front de gauche" / PCF.
  • IND / DEM : Indépendance / Démocratie. En France, MPF.
  • UEN : Union (ou Alliance) pour l'Europe des nations. En France, Libertas.
  • NI : "Non-Inscrits". Listes diverses, en France et dans plusieurs pays, cela correspond à notre "FN", mais ce n'est pas obligatoire.


Analyse "européenne"


Quelques points divergent de l'analyse "franco-française" dont nous abreuvent les médias français.

- la "poussée de la droite républicaine" (évoquée dans plusieurs JTs français) est PLUS QUE RELATIVE : le PPE passe de 36,78% à 36,28 % ... (!)

- en revanche, la régression du PSE est nette : -21,7% par rapport à 2004 (en tenant compte de la différence du nombre total de députés). Le "perdant" est clairement là, reste à savoir et à comprendre POURQUOI. Peut-être qu'en France, c'est l'opposition Aubry-Royal qui en est la cause (et même sur ce point particulier, je doute que ce soit fondamental), mais ce qu'il faut "refonder", ce n'est pas seulement le parti français, c'est L'ENSEMBLE des partis socialistes européens, parce qu'il est clair que le problème n'est pas UNIQUEMENT français. Peut-être faut-il s'inspirer de la Grèce, de Malte, voire de la Roumanie, de la Slovaquie ou de la Suède, (Ndlr : pays où le PSE est soit en tête, soit fait jeu égal avec le PPE) pour proposer des alternatives "crédibles"...

- ce qui fait aussi la différence entre 2004, c'est (outre l'effondrement du PSE), la nette montée des "NI" (non-inscrits) qui est (même s'il ne faut pas généraliser) en partie dûe à la remontée des partis nationalistes genre "FN". Si le phénomène est absent de France, on doit se préoccupper de la situation aux Pays-Bas ou en Autriche. C'est encore une fois une critique adressée aux médias français : ce n'est pas parce que l'extrême droite ne réalise pas un bon score en France qu'il faut l'occulter des débats, parce qu'au niveau européen, cela pourrait être l'enseignement majeur de ces élections...