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JO 2010 (RSS feed)

Vancouver 2010
Pour terminer ce blog, je souhaiterai revenir sur les deux grand moments de ces Jeux Olympiques 2010.
Mes coups de coeur en somme...

Deux performances exceptionnelles, qui ont illuminé les nuits de Vancouver (elles étaient toutes deux en soirée, en fin de nuit pour les français), et qui étaient toutes deux bien au-dessus de la concurrence.

Hasard (ou pas...), ce sont deux sportifs déjà bien reconnus (malgré leur jeune âge) qui se sont ainsi distingués : Shaun White (half-pipe) et Yu-Na Kim (patinage artistique) dominent en effet LARGEMENT le classement des sportifs les mieux payés parmi ceux engagés à Vancouver. Ils émargent chacun à plus de 8 millions de dollars (6 millions d'euros) par an en sponsoring...

Yu-Na Kim
Shaun White


Déjà championne du monde en titre (et logiquement favorite avant la compétition), la sud-coréenne Yu-Na Kim a ébloui le public par un programme libre parfait en patinage artistique...

Quant à Shaun White, il était déjà une légende du half-pipe (et champion olympique en titre). Déjà assuré du titre lors de son run final, il a pourtant tout lâché, réalisant des sauts d'une hauteur et d'une complexité inégalées...

Côté français, on retiendra bien sûr la victoire de Jason Lamy-Chappuis (et son sprint final), mais j'ai une tendresse particulière pour la joie toute simple de Marie Dorin à l'occasion de sa médaille de bronze (première médaille française, le premier jour).

Rendez-vous désormais à Sotchi (Russie) pour les prochains Jeux Olympiques d'hiver, qui auront lieu du 7 au 23 février 2014 !
Plusieurs sportifs se sont particulièrement distingués pendant ces Jeux Olympiques d'hiver 2010.

Marit Bjoergen
En commençant évidemment par Marit Bjoergen (photo de gauche), qui est incontestablement la grande dame de ces Jeux : 5 médailles, dont 3 titres (2 en individuel, 1 en relais). La Norvège domine d'ailleurs totalement le ski de fond puisque chez les hommes son compatriote Petter Northug a remporté 4 médailles dont 2 en or.

En biathlon, Magdalena Neuner était attendue et a répondu présente : 3 médailles en 4 épreuves (2 en or, 1 en argent). Chez les hommes, le norvégien Emil Hegle Svendsen réalise le même score, alors que Ole Einar Bjoerndalen se rapproche un peu plus du record historique de médailles.

En ski alpin, on attendait Lindsey Vonn, c'est finalement l'allemande Maria Riesch qui fut la reine avec 2 médailles d'or (slalom et super-combiné). L'américaine a tout de même remporté la descente et obtenu le bronze en super-G.
Chez les hommes, ils sont deux à avoir régné sur la compétition. Tout d'abord le norvégien Aksel Lund Svindal (or en super-G, argent en descente, bronze en géant).

Bode Miller
Ensuite l'américain Bode Miller (photo de droite) également décoré dans les trois métaux (or en super-combiné, argent en super-G, bronze en descente). Une vraie rennaissance : pourtant détenteur de 2 globes de cristal (les gros, c'est à dire toutes disciplines) et de quatre titres mondiaux, il n'avait jamais décroché l'or olympique. C'est fait.

Dans la lignée de Bode Miller, d'autres grands champions ont confirmé leur statut pendant ces Jeux.
C'est par exemple le cas de Simon Ammann qui a réussi à rééditer son exploit de 2002, à savoir remporter les deux titres individuels (petit et grand tremplin) en saut à ski. De même, Andre Lange a totalement réussi sa sortie : à 36 ans, le porte-drapeau de la délégation allemande a remporté son 4ème titre olympique, en bobsleigh à deux (après le titre en bob à 4 en 2002, et les 2 titres en 2006), plus l'argent en bob à 4.

Autres champions reconnus, en short-track : la chinoise Wang Meng a raflé 3 médailles d'or et est devenue la sportive chinoise la plus médaillée des JO d’hiver (6 médailles) et la deuxième meilleure athlète à Vancouver derrière Marit Bjorgen. Chez les hommes, Apolo Anton Ohno n'a certes pas eu l'or (1 argent, 2 bronze) mais est quand même devenu l’athlète américain le plus récompensé aux JO d'hiver, avec 8 médailles dans sa carrière.

Enfin deux performances d'exception (parfaites) ont marqué ces Jeux Olympiques : le programme libre de Kim Yu-Na en patinage artistique et le run final de Shaun White en half-pipe.
Ce sera l'objet du prochain (et dernier) article...
Contrairement aux Jeux Olympiques d'été de 2008 (Pékin), pour lesquels j'avais rédigé un long article concernant la couverture télévisée, un tel article ne se justifie pas cette année...

En effet, RIEN N'A CHANGE depuis 2008 !
En relisant ce que j'avais écrit à l'époque (et en adaptant évidemment un peu, les compétitions n'étant pas les mêmes, et moins nombreuses), je m'aperçois que la plupart des critiques (ou des satisfactions) sont globalement les mêmes.

A part le fait que Canal+ n'était pas présent à Vancouver (ce qui n'est pas un manque...), ce sont grosso-modo les mêmes dispositifs qui étaient utilisés par France Télévision ou par Eurosport (adaptés aux compétitions d'hiver).

On obtient donc les mêmes problèmes (en particulier : BEAUCOUP trop de temps de plateau sur FR2 ou FR3, quelques compétitions absentes sur Eurosport ou diffusées en différé).

Bref, je vous invite à relire Télévisions Jeux Olympiques : le match...
Avec un total de 11 médailles, la France égale son record de Salt Lake City. Le biathlon (déjà traditionnellement LE point fort des français) réalise également son record avec 6 médailles (voir photo des médaillés plus bas).

Cependant, il est aisé de se cacher derrière ces deux bons chiffres et d'en oublier d'autres, plutôt mauvais..

Vancouver 2010
AFF
Ainsi, contrairement à ce que certains journalistes voudraient nous faire croire, la performance de Salt Lake City est LOIN D'ETRE EGALEE !!

En 2002, les 11 médailles françaises se décomposaient ainsi : 4 titres, 5 médailles d'argent, 2 médailles de bronze.
En 2010, on a obtenu : 2 titres, 3 médailles d'argent, 6 médailles de bronze.

Soit deux fois moins de titres et presque deux fois moins d'argent, résultat : 12ème place au classement au lieu de la 6ème !!
C'est quand même pas la même chose..

Le biathlon : sauveur de la France


C'est incontestablement grâce au biathlon que la France sauve les apparences. Sur les 10 courses organisées, les français sont montés 6 fois sur le podium. Avec un titre (Vincent Jay), et trois double médaillés (en individuel et en relais, Marie-Laure Brunet, Marie Dorin et Vincent Jay). Le tout complété par la médaille d'argent de Martin Fourcade.
Seule (petite) déception, tout le monde espérait aussi une médaille en relais masculin, mais bon... wink2

Les leaders


Médaillés biathlon français
Les médaillés du biathlon français : De g. à d. : Marie Dorin, Martin Fourcade,
Marie-Laure Brunet, Sylvie Becaert, Vincent Jay, Sandrine Bailly
C'est l'un des points négatifs : dans certaines disciplines, un(e) français(e) était favori au départ, avec une médaille (voire même le titre) sinon "annoncée" en tout cas "fortement probable".
Seul Jason Lamy-Chappuis a tenu son rang en remportant la médaille d'or sur le combiné nordique petit tremplin (et il aurait sans doute pu mieux faire sur le grand tremplin sans les conditions météo déplorables au saut).

Les autres leaders dans leur discipline ont échoué (on regrettera également la blessure de Jean-Baptiste Grange en tout début de saison qui l'a privé de Jeux..).

Surtout Ophélie David, qui a tout gagné en ski cross féminin, et qui aurait bien aimé profiter de l'arrivée de cette discipline dans le programme des Jeux pour parachever sa carrière. Malheureusement, l'ultra-favorite a chuté dès les quarts de finale. C'est Marion Josserand qui a sauvé les meubles en décrochant le bronze.
Toujours en ski acrobatique, on attendait mieux de Guilbaut Colas sur les bosses que sa 6ème place.

Même désillusion (et même consolation) en snowboard cross masculin : on attendait Pierre Vaultier et les frères De Le Rue, c'est finalement Tony Ramoin qui a obtenu le bronze.

Enfin, l'échec de Brian Joubert (16ème) en patinage artistique a été longuement commenté. Dans la même discipline, mais en danse, on pouvait aussi espérer un peu mieux que la 6ème place pour Isabelle Delobel et Olivier Schoenfelder, qui mettaient un terme à leur carrière à l'occasion de ces Jeux.

Les satisfactions


Hormis la performance d'ensemble des biathlètes, il y a quelques bonnes surprises. A part Marion Josserand et Tony Ramoin déjà cités ci-dessus, on notera :
  • la médaille de bronze de Mathieu Bozzetto en snowboard slalom parallèle, obtenue à 36 ans.
  • la 4ème place de l'équipe de relais masculin en ski de fond, à 4 secondes du podium.
  • toujours en ski de fond, la 5ème place de Vincent Vittoz en individuel libre (ENCORE à 4 secondes du podium), complétée par la 6ème place de Maurice Manificat dans la même course.
Mais LA plus grande performance (sans médaille) des français, pourtant passée inaperçue, est incontestablement celle d'Alexis Contin en patinage de vitesse : 4ème sur le 10 000 m et 6ème du 5 000 m, alors qu'il n'a MEME PAS les moyens de s'entraîner (cf. plus bas).

Ski alpin


Ski alpin France
vancouver2010.com
On a ENORMEMENT parlé du ski alpin français pendant toute la quinzaine... Et probablement BEAUCOUP TROP...
Les médias n'ont eu de cesse de rajouter de la pression sur une équipe de France qui n'en avait certainement pas besoin. Bien sûr, on avait pris l'habitude de ramener au moins une médaille en ski alpin (le dernier "zéro" remonte à 1994). Et même parfois les meilleures, puisque sur les 3 dernières olympiades (Nagano, Salt Lake City et Turin), on avait obtenu la médaille d'or de l'épreuve reine, la descente (hommes ou femmes).

Cependant, ces succès passés et le beau parcours de l'équipe de France en Coupe du Monde ces derniers mois (avec plusieurs podiums) ne doivent pas masquer un fait : la France N'EST PAS une grande nation de ski alpin, même si dans les années 80, le ski alpin était la seule source de médailles aux JO (mais pour une ou deux médailles seulement).
Le seul skieur réellement susceptible de se mesurer aux meilleurs mondiaux était Jean-Baptiste Grange, mais il était absent sur blessure. Julien Lizeroux aurait pu prétendre à une médaille, mais ses chances étaient indéniablement plus minces.

En fait, la 5ème place de Sandrine Aubert en slalom, les 7èmes places de Marie Marchand-Arvier et David Poisson en descente, voire les 9èmes positions de Taïna Barioz en géant et de Julien Lizeroux en slalom représentent des performances tout à fait correctes pour les Français.
D'autre part, le nombre de skieurs participant aux différentes épreuves est en progression. La France est tout simplement à sa place, et ce n'est pas parce qu'un ou une de nos représentant(e)s aurait eu une médaille que cela aurait changé grand chose...

Et la Glace ???


Plutôt que d'accabler les skieurs, on ferait mieux de se pencher sérieusement sur la situation des sports de glace.
Car sur les 15 grandes disciplines inscrites au programme, 8 sont sur glace et 7 sur neige. Même en enlevant les deux sports collectifs (curling et hockey), cela fait encore 6 contre 7.
Et tout cela fait un paquet de médailles possibles : avec le patinage de vitesse (12 épreuves soit 36 médailles distribuées) et le short-track (8 épreuves), on arrive déjà à 60 médailles. En ajoutant le patinage artistique (4 épreuves), le bobsleigh (3 épreuves), la luge (3) et le skeleton (2), on arrive à un total de 96 médailles.. On atteindrait même 108 avec le curling et le hockey, soit 42% de toutes les médailles distribuées aux Jeux, mais on va omettre ces deux disciplines, dont la caractéristique "sport collectif" prime largement sur celle de "sport de glace" (et les sports collectifs, c'est un peu spécial).

Les pays qui réussissent traditionnellement bien aux JO d'hiver ont un ratio glace/neige qui correspond plus ou moins à la répartition des médailles distribuées : ainsi cette année, 16 des 37 médailles obtenues par les Etats-Unis étaient sur glace, 15 sur 30 pour l'Allemagne. La France, pour sa part, n'a remporté AUCUNE de ces 96 médailles. Mais pire que cela, les bons résultats sont très rares : une 4ème place, deux 6èmes places et une 7ème place. TOUT le reste est au moins à la 13ème place !!
Alors si on veut parler d'un "zéro pointé", c'est plus qu'il faut le voir, plutôt qu'au ski alpin (qui, par comparaison, ne représente que 10 épreuves, soit seulement 30 médailles possibles...).

Sports de glace
FTV/DR
En patinage artistique, discipline mise en avant depuis de nombreuses années par la FFSG (Fédération Française des Sports de Glace), et d'ailleurs seule des disciplines de glace bien traitée par les médias français, la situation n'est pas à la hauteur des espérances, mais pas catastrophique (5 participations, dans 3 dans 4 épreuves). L'échec de Brian Joubert, seul véritable espoir de médaille, a néanmoins fait beaucoup de dégâts au niveau des performances globales attendues.
Le bon résultat est venu de la danse, avec une 6ème place des futurs retraités Delobel et Schoenfelder, bien secondés par leurs futurs remplaçants (Pechalat et Bourzat, 7èmes). En revanche, aucune participation en individuel chez les femmes, ce qui est préoccupant pour l'avenir : pas même une très jeune fille, qui aurait certes terminé loin, mais qui aurait au moins pris de l'expérience pour le futur.

En short-track, il y a un semblant d'équipe : 6 ou 7 patineurs, qui permettent un total de 11 participations sur 7 des 8 épreuves (même en relais masculin). Malheureusement, le niveau est globalement faible, le meilleur résultat est une 13ème place (je ne compte pas la 5ème place en relais : d'une part c'est sur 8 concurrents seulement, et d'autre part c'est grâce à un repêchage très heureux, la France avait en fait le moins bon temps des engagés). De toute façon, la discipline est TELLEMENT dominée par la Corée, la Chine et les Etats-Unis, qu'il faut un miracle pour décrocher une médaille.
Pour progresser, les patineurs du short-track auraient déjà besoin de plus de considération, et c'est loin d'être gagné. D'une part la diffusion télévisée est TRES MAUVAISE (et sur les 2 chaînes) : le short-track sert souvent de "bouche-trou", on ne voit aucune épreuve en entier (même en différé), et même sur les finales, on arrive parfois alors que la course a déjà commencé. Mais d'autre part, et ce depuis plusieurs olympiades, Nelson Monfort s'acharne à vouloir dévaloriser ce sport, à grand renfort de commentaires parfois limite injurieux. En ridiculisant ainsi les sportifs qu'il commente, il se ridiculise lui-même, mais le mal est fait : le short-track est devenu LA discipline dont on se moque (bien plus que le curling, qui n'a pas non plus bonne presse). La première bonne décision pour cette discipline n'est donc pas du ressort de la FFSG : il faut virer Nelson Monfort de ce sport...

Pour ce qui est des 4 autres disciplines de glace, c'est "morne plaine", "le néant", que sais-je encore... sad
Car là, ce ne sont pas seulement les résultats qui manquent, mais AUSSI les participations (et si on ne participe pas...).

En bobsleigh + luge + skeleton (8 épreuves) : 2 participations seulement (1 luge, 1 skeleton, 0 bob). Résultats : 22ème et 15ème.
En patinage de vitesse (12 épreuves) : 2 patineurs, 3 participations. L'un termine 33ème sur 37, l'autre... est la "perle rare" de l'équipe de France !

Alexis Contin (photo de gauche, plus bas) est LE véritable héros (méconnu) de l'équipe de France en sports de glace, toutes disciplines confondues. Non seulement il obtient le meilleur résultat en glace, 4ème sur le 10 km (avec également une 6ème place sur le 5km), mais en plus il partait avec un handicap sérieux. En effet, il n'y a PAS d'anneau de vitesse en France (celui construit pour Albertville 1992 était en extérieur, donc forcément provisoire ; c'est la dernière fois que le patinage de vitesse s'est déroulé en extérieur).
Le patineur est donc obligé de s'entraîner (principalement) en roller : ça ne tombe pas si mal puisqu'il est issu de cette discipline. Il est en effet triple champion du monde (2004, 2005, 2008) dans ce sport, et a obtenu une médaille d'argent aux Jeux Mondiaux 2009. Son adaptation sur la glace n'a pas été facile (même si les similarités entre les deux sports sont évidentes), mais sa motivation, associée à une bonne préparation physique, ont permis cette excellente performance dans ces JO.

Alexis Contin
Alexis Contin représente à lui seul les problèmes du sport amateur dans une discipline "oubliée" :
- un champion d'exception, motivé au point de se diversifier sur 2 sports différents. Et qui fait des résultats...
- délaissé par les instances sportives : en l'occurence la FFSG, le patinage de vitesse n'étant pas leur priorité (loin de là), ils préfèrent soutenir (financièrement) "jusqu'au bout" un Brian Joubert déficient plutôt qu'un Alexis Contin.
- obligé du coup de recourir au "système D" : pour la préparation physique, il s'adresse à l'équipe de France de roller. Pour ce qui est de la glace, il s'entraîne avec l'équipe d'Italie...
- totalement ignoré par les médias (et donc du grand public) : les retransmissions du patinage de vitesse en France sont aussi mauvaises (voire même pire..) que celles du short-track ou de la luge/skeleton. Certes, le format des compétitions est plus difficile à retransmettre en intégralité que, par exemple, le super-G. C'est plus long, ok. Mais y'a quand même des limites...
Le SEUL moment où on a pu voir Alexis Contin sur FR2, c'est précisemment sur le 10 km où il a terminé 4ème. Mais évidemment, il n'était PAS QUESTION pour FR2 (même Eurosport ne l'a pas fait) de retransmettre l'épreuve en intégralité. Alors on a "zappé" quelques minutes sur le patinage de vitesse, le temps de voir les deux derniers tours du français, et d'entendre Nelson Monfort (encore lui.. neutral) annoncer (dixit) : "il est bien trop loin, il n'a aucune chance...". Genre "c'est pas la peine de me rappeler, c'est mort..". De fait, on n'a jamais vu les résultats de cette course... La 4ème place du français a peut-être été signalée plus tard dans un "flash info" quelconque, mais sans plus.

Comment faire naître des vocations (ou juste motiver les sportifs actuels) si les médias (France Télévisions en premier) ne jouent pas le jeu ?

Conclusion


Si le bilan comptable reste honorable en nombre total de médailles, le nombre de titres olympiques reste insuffisant.

Au-delà de l'échec en ski alpin, ce qui ressort surtout du tableau ci-dessous, c'est la faible diversité des disciplines primées (le biathlon et le snowboard totalisant 9 des 11 médailles !!!), et en particulier le zéro pointé dans les sports de glace.

Si la France veut passer le cap des 8-11 médailles qu'elle obtient depuis une quinzaine d'années aux JO d'hiver, il FAUT se préoccuper des sports de glace, point faible actuel. On ne peut pas prétendre à une bonne place au classement général si l'on se prive d'emblée (ne serait-ce qu'en participation) de près de la moitié des médailles possibles...
Note : et qu'on arrête de dire que ces disciplines ne "sont pas médiatiques", c'est un faux argument ; par définition, ce sont les médias qui FONT la médiatisation... Donc retransmettez (proprement) les compétitions de glace et elles deviendront médiatiques...

La parole est à Didier Gailhaguet (patron de la FFSG).

Tableau des médaillés


Voici le tableau complet des médailles françaises dans ces Jeux Olympiques Vancouver 2010 :

Or (2)
BiathlonSprint (H)Vincent Jay
Combiné nordiqueIndividuel petit tremplinJason Lamy-Chappuis
Argent (3)
BiathlonMass-start (H)Martin Fourcade
Relais (F)Marie-Laure Brunet, Sylvie Becaert, Marie Dorin, Sandrine Bailly
SnowboardCross (F)Déborah Anthonioz
Bronze (6)
BiathlonSprint (F)Marie Dorin
Poursuite (F)Marie-Laure Brunet
Poursuite (H)Vincent Jay
SnowboardCross (H)Tony Ramoin
Slalom parallèle (H)Mathieu Bozzetto
Ski acrobatiqueCross (F)Marion Josserand
Clôture JO 2010
Reuters
C'était la fin, ce dimanche soir, de ces XXIème Jeux Olympiques d'Hiver, organisés à Vancouver.

Et donc l'heure des premiers bilans. Nous évoquerons tout d'abord l'organisation et d'un mot le tableau général des médailles. Le bilan français fera l'objet d'un futur article.

Cérémonie de clôture


Traditionnellement, la cérémonie de clôture des Jeux (d'été ou d'hiver) est toujours un peu moins spectaculaire que celle d'ouverture. Mais celle-ci était (selon moi) VRAIMENT moins bien que celle d'il y a quinze jours... neutral

L'un des meilleurs moments était en fait le tout début de la cérémonie : alors que 3 des fameux piliers formant la vasque olympique dans le stade étaient déjà en place, le spectacle a en effet débuté par l'arrivée d'un clown, qui a ostensiblement rebranché un câble électrique, provoquant la montée du quatrième pilier !
Clôture JO 2010
Une jolie preuve d'autodérision (et d'initiative) de la part des organisateurs : cela faisait évidemment référence au raté intervenu à la fin de la cérémonie d'ouverture, lorsque l'on avait attendu de longues minutes la montée du quatrième pilier.

Ensuite vinrent les discours habituels, toujours trop longs (surtout pour dire toujours la même chose, "merci de nous avoir accueilli", "merci aux bénévoles qui ont fait un travail extraordinaire", etc...), bref on s'ennuyait déjà ferme. Heureusement, la chanson de Neil Young était un bon moment.

La présentation de la future ville organisatrice, Sotchi en Russie, ne restera pas dans les mémoires (d'ailleurs, à part le bout de concert en direct de la place rouge, je l'ai déjà oubliée... wink).

Ce qui termina de "tuer" la cérémonie, ce fut 3 discours de la part d'acteurs d'origine canadienne, identiques dans leur message général ("fierté d'être canadien"), mais surtout bourrés de jeux de mots "nord-américains" pratiquement impossibles à comprendre ou à traduire pour l'international. Un long moment parfaitement inutile.
Si la présence de William Shatner (le capitaine Kirk de "Star Trek") ne sauvait pas ce moment, en revanche, il est vrai que revoir Michael J. Fox ("Retour vers le futur"), qui a d'ailleurs été longuement applaudi à son entrée, était particulièrement surprenant et vraiment bien.

Clôture JO 2010
Quant à la partie purement artistique (les quelques "tableaux"), c'était... confus. unsure
Lors de la cérémonie d'ouverture, j'avais regretté un certain "classicisme". Cette fois, les canadiens ont vraiment fait preuve d'originalité, en particulier avec ces figurines géantes. On a ainsi eu droit à la fameuse police montée, des hockeyeurs, des feuilles d'érable, des canoës, des castors, des caribous, des bûcherons... Bref, tous les clichés habituels sur le Canada.

Le problème, c'est que tout cela n'était pas très beau, et surtout ne véhiculait aucune émotion (à la différence de certains tableaux de la cérémonie d'ouverture). Enfin, les organisateurs semblent avoir privilégié la quantité, et comme le temps de cette partie était réduit, ils ont tout envoyé pêle-mêle à la suite, ce qui donnait finalement un grand fouillis (voir photos).

Comme d'habitude, la cérémonie s'est terminé par un long (très long) concert, succession de groupes/chanteurs/danseurs canadiens (évidemment plus connus chez eux que chez nous).

Bref, une cérémonie finalement très moyenne, contrairement à la clôture des Jeux de Pekin qui était vraiment bien.

Bilan de l'organisation


Contrairement à ce que laisse entendre les discours officiels de la cérémonie de clôture ("tout était bien..."), on ne peut pas dire que l'organisation de ces Jeux Olympiques soit un succès total...

Clôture JO 2010
La comparaison avec les derniers Jeux (Pekin 2008), dont l'organisation était vraiment au top, est particulièrement en défaveur des Canadiens. Bien sûr, il est difficile de comparer des Jeux d'Eté avec des Jeux d'Hiver (ce n'est pas le même budget, ni la même importance). Mais même aux Jeux de Turin en 2006, il ne me semble pas qu'il y ait eu autant de problèmes.

  • Tout d'abord, il y a eu la météo : aucune neige sur certains sites quelques jours avant le début (et donc BEAUCOUP de neige transportée sur place, et de neige artificielle), et presque trop sur la fin : les dernières compétitions à l'extérieur ont toutes été disputées dans un brouillard à couper au couteau, ce qui donnait des images très moches, et des courses parfois difficiles pour les sportifs.
    Bon, les organisateurs ne font pas la météo... Certes. Et si les Jeux avaient eu lieu quinze jours plus tard, on n'aurait peut-être jamais parlé de ces problèmes.
    On pourrait plutôt accuser le CIO pour le choix de la ville organisatrice, d'autant qu'il a récidivé pour la prochaine : Sotchi est en effet une station balnéaire !! Située sur le bord de la Mer Noire, elle est à la lattitude de la Côte d'Azur française... Il y fera encore plus chaud qu'à Vancouver, et comme cette année, il faudra faire de longs déplacements pour rejoindre les sites en altitude, ce qui occasionnera certainement des problèmes de transport (voir ci-dessous).
  • La gestion des transports fut un problème récurrent. Les sites de montagne étant situés loin de Vancouver (il fallait bien aller à la rencontre des montagnes puisqu'elles n'étaient pas sur place..), cela a occasionné de fréquents, longs et difficiles déplacements. Non seulement pour le public, mais également pour les journalistes et même les sportifs. Ces déplacements avaient bien sûr été prévus, mais les organisateurs ont semble-t-il sous-estimé les embouteillages.
  • Les moyens d'accueil du public semblent également avoir été sous-dimensionnés. Certes, tout le monde a salué la gentillesse des bénévoles (qui disaient bonjour en français et en anglais). Mais beaucoup ont également eu des problèmes à entrer à temps sur certains sites tellement il y avait de queue.
Clôture JO 2010
  • Plus graves que le petit problème lors de la cérémonie d'ouverture, un certain nombre de dysfonctionnements techniques ont émaillé cette Olympiade.
    Le plus important d'entre eux eut lieu lors du premier jour des compétitions de patinage de vitesse. Les machines chargées de re-surfacer la piste (qui doit être nickel pour ce genre de compétition, bien plus que pour le hockey ou le curling) laissaient d'énormes "bulles" d'eau sur la glace ! (impressionnant..) Les compétitions ont du être interrompues à plusieurs reprises, parfois pendant des heures, jusqu'à ce que les organisateurs se décident à faire venir d'autres machines (d'une autre marque, ce qui leur posait un sérieux problème de contrat...).
    La réalisation télévisuelle (du faisceau intégral, destiné à l'international, pour toutes les chaînes) a également été critiquée à quelques reprises, bien que cela reste assez bénin sur l'ensemble.
  • Certaines décisions sportives ont également posé problème. Le report de quelques épreuves au début de la quinzaine était probablement nécessaire, et l'organisation de certaines épreuves de ski dans le brouillard ou sous la neige en fin des Jeux malheureusement obligatoire faute de temps. En revanche, il est clair que la compétition de combiné nordique grand tremplin n'a pas été organisée dans des conditions d'équité pour tous les sportifs.
  • Enfin, le plus gros problème de ces Jeux de Vancouver reste évidemment la piste de bobsleigh (+ luge et skeleton)...
    Cette piste comportait des difficultés trop grandes sur le bas, là où la vitesse est la plus importante, mettant sérieusement en jeu l'intégrité des sportifs. De fait, il y a eu de nombreuses chutes, des retraits de la compétition en bobsleigh, et malheureusement un décès...
    Là encore, la responsabilité de cet échec doit être partagé avec le CIO (ou plus exactement sa commission technique) : ce sont eux qui ont validé la piste avant les Jeux, et une deuxième fois après l'accident mortel.
En tout, ça fait quand même BEAUCOUP de problèmes... sad

Tableau des médailles


(Note : comme pour les JO de 2008, vous pouvez consulter le tableau complet dans un article séparé : Tableau des médailles JO 2010)

La performance marquante de ces Jeux de Vancouver restera évidemment les 14 médailles d'or obtenues par le Canada, ce qui constitue le nouveau record.
Nous allons détailler les 5 premiers du classement (par nombre de médailles d'or) et parler brièvement des grosses remontées et des grosses chutes dans ce classement par rapport à celui de Turin 2006.

  • 1. Canada (14 or, 7 argent, 5 bronze, 26 au total)
    Le pays organisateur frappe très fort avec le nouveau record de médailles d'or, mais l'objectif (ambitieux) était de 30 médailles en tout. Le Canada était 5ème à Turin avec 24 médailles dont 7 seulement en or.
    Si leur domination dans les sports collectifs s'est bien vue (3 or et 1 argent soit 4 finales sur 4 compétitions), on a moins dit que la grande majorité des médailles avaient été acquises grâce aux sports de glace, peu avec les sports de neige.
    Les sports de glace (dont les sports collectifs font aussi partie) représentent ainsi 20 des 26 médailles et 10 des 14 en or. Le patinage de vitesse et le short-track rapportent par exemple 5 médailles chacun.
    Aucune médaille en ski alpin... wink
  • 2. Allemagne (10 or, 13 argent, 7 bronze, 30 au total)
    L'Allemagne perd une place par rapport à Turin (elle était en tête avec 11 médaille d'or), mais reste remarquablement stable (1 en or de moins, 1 au total en plus).
    Si le biathlon est, comme pour la France, grand pourvoyeur de médailles (5 dont 2 en or), il faut citer également la luge (5 dont 2 en or). En ski alpin, ils ont été "efficaces" : 3 médailles seulement, mais toutes en or.
  • 3. Etats-Unis (9 or, 15 argent, 13 bronze, 37 au total)
    Stabilité du nombre de médaille d'or, et logiquement, stabilité au classement. En revanche, les Américains réalisent une progression étonnante sur le nombre total, passant de 25 à 37. Si les nouvelles médailles avaient été en or, ils auraient largement pu concurrencer le Canada.
    Avec un tel nombre de médailles, il est normal qu'aucune discipline (ou même groupe de disciplines) ne sorte du lot. C'est d'ailleurs l'une des forces des Etats-Unis.
Clôture JO 2010
  • 4. Norvège (9 or, 8 argent, 6 bronze, 23 au total)
    Avec 4 médailles de plus au total mais surtout 7 médailles d'or supplémentaires, la Norvège réalise un bond au classement (de 14ème à 4ème), mais cela est principalement du à leur "raté" de Turin où ils n'avaient obtenu que 2 médailles d'or (pour 19 en tout). En fait, ils sont encore un peu en retard sur leur classement "normal" puisqu'ils étaient 1er à Salt Lake City (13 or) et 2ème à Nagano (10 or).
    J'ai déjà détaillé dans l'article précédent les raisons de leur succès : le ski de fond (5 or, 2 argent, 2 bronze) et 5 sportifs d'exception...
  • 5. Corée (6 or, 6 argent, 2 bronze, 14 au total)
    Même nombre d'or qu'à Turin, 3 de plus au total, mais une progression de 2 places grâce aux chutes de quelques nations devant à Turin (cf. ci-dessous).
    Quant aux disciplines, on atteint là une sorte de "maxi-spécialisation" !!
    A part la médaille d'or de Yu-Na Kim en patinage artistique, TOUTES les autres médailles proviennent du patinage de vitesse :
    5 en patinage de vitesse, 8 en short-track ! tongue
  • Les grosses chutes...
    La plus retentissante est celle de la Russie.
    Ils perdent 7 médailles en tout (22 -> 15) et 5 médailles d'or (8 -> 3). Et ce maigre nombre de titres olympiques les fait chuter de la 4ème à la 11ème place !! Un score inacceptable pour le futur pays organisateur, c'est d'ailleurs la teneur des propos du président Medvedev, qui avant de partir en visite officielle en France a passé un sacré savon aux responsables sportifs de son pays...
    Autre chute importante, celle de l'Italie, qui perd 6 médailles (11 -> 5) et 4 titres (5 -> 1 seulement). Ils passent de la 8ème à la 16ème place.
    On pourrait également citer l'Estonie, qui passe de la 12ème à la 25ème (soit dernier ex-aequo des nations ayant obtenu une médaille, en l'occurrence une unique médaille d'argent), mais c'est parce qu'à Turin ils avaient eu 3 médailles d'or.
  • Les grosses progressions...
    Le plus grand bond est celui de la Norvège, mais j'ai expliqué plus haut que c'était du à la faiblesse exceptionnelle à Turin.
    La Chine passe de la 14ème à la 7ème (3 titres en plus, même nombre de médailles en tout).
  • Notes :
    - La France perd 2 places (10ème ex-aequo -> 12ème), gagne 2 médailles en tout (9 -> 11) et perd une médaille d'or (3 -> 2). Un article spécifique est à venir sur les performances françaises.
    - 26 nations (sur 82 présentes) ont obtenu au moins une médaille, elles étaient EXACTEMENT le même nombre en 2006.
Les derniers jours de compétition ont été l'occasion de grands suspenses (dont la dernière compétition de ce soir, avec la victoire du Canada en prolongation face aux Etats-Unis en hockey masculin), mais également d'exceptionnels records.

Canada - Hockey
AFF
Ainsi (et contrairement à mon pronostic de la semaine dernière, voir ci-dessous), Ole Einar Bjoerndalen a bien conquis sa 11ème médaille olympique, en l'occurrence l'or au relai biathlon homme avec la Norvège. Il n'est plus qu'à une unité du record absolu (et avec 6 médailles d'or dans sa carrière, il n'est plus qu'à 2 médailles du record).

La Norvège possède d'ailleurs une particularité étonnante : ils ont obtenu un total de 23 médailles (dont 9 en or), soit le 4ème total des nations, mais 16 de ces médailles, sont le fait (individuellement ou par équipe) de seulement 5 athlètes !!
- Bjoerndalen (1 or, 1 argent).
- Marit Bjoergen (3 médailles d'or, la grande championne de ces Jeux en ski de fond, 1 argent, 1 bronze). Oui, oui, 5 médailles pour elle seule !!
- Petter Northug (2 or dont le marathon de ce matin, 1 argent, 1 bronze). 4 médailles...
- Aksel Lund Svindal (1 or, 1 argent, 1 bronze).
- Emil Hegle Svendsen (1 or, 1 argent).

Autre record obtenu ces derniers jours, Apolo Anton Ohno, devenu, grâce à sa troisième place en short-track, le sportif américain le plus médaillé de tous les temps aux JO d’hiver (7 médailles, ou 8 ?).

USA - Bobsleigh
Reuters
En bobsleigh à quatre, les Etats-Unis, emmenés par Steven Holcomb, ont réussi à enfin faire tomber un record de 62 ans ! C'est en effet la première fois depuis 1948 que les américains remportent le titre de la catégorie reine. Ils battent un autre recordman, Andre Lange pour l'Allemagne, qui avait obtenu 4 médailles d'or en quatre participations aux JO.

Enfin 2 autres records ont été battus ce soir lors de la finale de hockey masculin : le prix de la place au marché noir dans la patinoire (plus de 20 000 euros...), et bien sûr le nombre total de médailles d'or obtenues par une seule nation lors des JO d'hiver : 14 pour le Canada (l'URSS en 1976 et la Norvège en 2002 en avaient gagné 13).

Côté suspense, on a également été gâtés ces derniers jours...

Déjà ce soir en hockey masculin, avec l'égalisation des Etats-Unis à 24 secondes de la fin !! Et la victoire finale du Canada en mort subite.
Reparlons également de cette extraordinaire remontée de l'équipe d'Allemagne en finale du relai féminin en patinage de vitesse : menées de plus d'une seconde et demi à 2 tours de la fin (800m), elles s'imposent finalement de 3 centièmes sur l'équipe du Japon !
(après s'être qualifiées de manière "acrobatique", c'est à dire sur le ventre, lors de la demi-finale...).

Mais le plus beau suspense de ces Jeux aura incontestablement été la finale de curling féminin...

Après un bon début des Suédoises (4 - 2 à la moitié du match), les Canadiennes étaient bien revenues à la 6ème et 7ème mène, et un point supplémentaire à la 9ème leur donnait 2 points d'avance (6 - 4) au départ de la dernière mène.
Mais, à la fin de cette dernière mène, alors que la capitaine du Canada avait une dernière pierre pour gagner le match (car il suffisait de ne concéder qu'un point), elle s'est complètement ratée, offrant l'égalisation à la Suède (6 - 6), et donc une mène supplémentaire pour les départager.
Ce n'était pas encore trop grave, car le Canada avait l'avantage de la dernière pierre dans cette mène décisive.
Mais à la dernière pierre de cette ultime mène supplémentaire, la capitaine canadienne ratait à nouveau son tir (qui semblait pourtant facile), offrant ainsi le titre à la Suède.

Notons que cette défaite surprise empêche le Canada de faire "la passe de 4", puisqu'ils ont remporté les 3 autres finales de sport collectif (curling masculin, hockey féminin et masculin).
La compétition de patinage artistique chez les hommes avait déçu (peu de grandes performances) et s'était achevée sur une polémique (sans parler de l'élimination de la course au podium, dès le programme court, du français Brian Joubert).

Kim Yu-Na
Reuters
A la fin de l'épreuve, le russe Evgeni Plushenko (médaille d'argent) s'était plaint d'avoir été mal noté et avait estimé que l'américain Evan Lysacek ne méritait pas sa médaille d'or.
Bizarrement, FR2 avait pris ouvertement le parti du russe, lui offrant une longue interview, dans laquelle le patineur remettait en question le système de notation (alors que pourtant, celui-ci a été changé il y a quelques années justement pour éviter les injustices), et estimant que son sport "n'était pas de la danse" et que les compétences techniques "devaient primer" au détriment de l'artistique (le vainqueur n'a effectivement pas tenté de quadruple saut).
(bon, c'est son avis, et il était sans doute déçu de perdre alors qu'il était favori ; mais la réaction de FR2 semble disproportionnée, d'autant plus pour un russe...).

Il y a deux jours, les femmes ont rétabli l'équilibre, en offrant un spectacle merveilleux et en montrant que l'on pouvait PARFAITEMENT associer la grâce à la technique...

Et ce ne sont pas seulement des 3 premières dont je parle : parmi les 12 premières du classement à l'issue du programme court (c'est à dire les deux derniers groupes à passer lors du programme libre), seule l'italienne a vécu une très mauvaise soirée (avec 4 chutes...), ainsi que la géorgienne (dans une moindre mesure). TOUTES les autres ont réalisé de très beaux programmes (notés à plus de 110 points) !
Cela a donné un spectacle magnifique, intéressant à regarder même pour les non-spécialistes.

Kim Yu-Na
DPPI
Dès l'avant-dernier groupe (c'est à dire les filles classées de 7 à 12 au programme court), la finlandaise Laura Lepisto a donné le ton en réalisant le programme libre de sa vie (près de 127 points). Cela lui permettra de remonter de la 10ème à la 6ème place finale (4ème du libre !) et de sauver ainsi l'honneur européen.
C'est en effet la seule européenne parmi les 10 premières du classement final (dominé par les asiatiques, 4 parmi les huit premières, dont les deux premières). Note : il n'y avait pas de française engagée...

Mais la vraie bataille était parmi les 3 premières du classement, qui avaient une sérieuse avance sur leurs poursuivantes à l'issue du programme court (plus de 7 points entre la 3ème et la 4ème). Entre ces trois-là, la moindre faute pouvait être fatale...
Mais de faute, il n'y eu pas (ou très légère) !
Et de fait, le classement du programme court sera confirmé par le programme libre, les 3 premières obtenant chacune plus de 130 points sur le programme libre (et dans le même ordre).

Pourtant la canadienne Joannie Rochette avait toute la pression sur ses épaules : non seulement elle concourrait à domicile, devant un public de connaisseurs, mais de plus elle avait subi un drame familial quelques jours avant le début des Jeux (et avait d'ailleurs fini en larmes son programme court).
Kim Yu-Na / Programme court
AFF
Son programme fut néanmoins parfait (131.28, à seulement 0.5 point de la deuxième) et sa médaille de bronze amplement méritée...

La japonaise Mao Asada avait environ 4.7 points à combler. Son programme fut également parfait, avec cependant une "mini-faute" sur une combinaison de sauts. Mais ce petit loupé ne faisait que mettre légèrement en péril sa médaille d'argent (131.72 quand même).

Car RIEN, même pas un sans-faute de la japonaise, ne pouvait ne serait-ce qu'inquiéter la coréenne Yu-Na Kim....
La jeune patineuse de 19 ans (note : déjà sacrée championne du Monde l'année dernière) nous avait déjà émerveillé par son programme court, sur les thèmes musicaux de "James Bond" (photo ci-contre, à droite).

Kim Yu-Na
Reuters
Mais son programme libre fut... FABULEUX, MAGIQUE, INDESCRIPTIBLE...

Au-delà de la performance technique (6 triple-sauts dont 2 enchaînés, le tout exécuté à la PERFECTION, et sans effort apparent), il y avait également la grâce et l'émotion, parfaitement ressentie par le public.. et par les juges.

150.06 points !!!
(record mondial de ce nouveau système de pointage).
Soit plus de 18 points de plus que sa principale adversaire sur le libre (et 23 points sur l'ensemble des deux programmes). Autant dire que sa médaille d'or ne souffre d'aucune contestation.

Un vrai grand moment de ces Jeux Olympiques...

Pour les plus anciens d'entre nous, cela se rapproche de "la sensation" Nadia Comaneci aux Jeux de Montréal en 1976.
Personne ne veut le dire jusqu'à présent, mais à moins d'une vraie réaction dans le seconde semaine, ces JO d'hiver SERONT un VERITABLE FIASCO pour l'Equipe de France.

Certes, le nombre total de médailles (8 à présent, potentiellement 10 ou 11) sera correct. Et permettra aux responsables de s'en sortir avec les pirouettes dont ils sont habitués.
Mais l'analyse de ces médailles fait apparaître un vrai problème pour la France : 5 des 8 médailles proviennent du biathlon...
(et dans les prochaines attendues, on compte sur les relais en biathlon, autant féminin que masculin).

Simon Fourcade
En ski alpin, toutes disciplines confondues, la meilleure place française est 7ème.
En ski de fond, c'est la même chose, on est loin.
En patinage, on ne voit même pas les français(es) tellement ils(elles) sont loin.
(note : eh, France2, vous savez qu'il y a des compétitions de patinage de vitesse dans les JO ?)
Et dans les sports collectifs (curling et hockey), soit on n'est pas qualifié, soit on est loin (curling hommes, seule discipline qualifiée pour la France).
Et je ne parle même pas de la luge, du skeleton ou du bobsleigh...

Bref, autant l'avouer, la France RATE complètement ces JO, SAUF en biathlon (et avec mention pour Jason Lamy-Chappuis en combiné nordique).
Mais pourtant, RIEN dans la presse nationale, RIEN dans les journaux de 20h.
On se complait à féliciter nos médaillés, sans se rendre compte que si on supprimait le biathlon, on n'aurait que 3 médailles, dont 2 en snowboard...

Mais tout cela n'enlève pas pour autant le respect des médaillés en biathlon.
Martin Fourcade (photo ci-contre), pourtant distancé après les deux premiers tirs (28ème et 23ème !!), a réussi à revenir dans la deuxième partie et a obtenir une belle médaille d'argent dans la compétition individuelle.
Vincent Jay se classant 7ème et Simon Fourcade 14ème, on peut avoir un espoir pour le relai de vendredi prochain..

Chez les filles, pas de médaille, mais la 7ème place de Sandrine Bailly rassure sur l'état de forme de la vétérane. Le duel contre les allemandes et les russes en relai sera intéressant.
Magdelena Neuner (All) remporte logiquement cette course. 3ème médaille en 4 courses, la grande favorite est au rendez-vous..
Pour faire suite au message précédent (Un match d'anthologie), il faut qaund même revenir sur les commentaires de FR2 / FR3 sur ces JO.

En ce qui concerne les diffusions françaises, il n'y a que DEUX diffuseurs (à Pekin, ils étaient 3, avec Canal+).
Le choix est donc vite fait : ceux qui ont Eurosport regardent Eurosport, les autres sont contraints de regarder France Télévisions...

Les forums de discussion sont submergés d'avis NEGATIFS sur la couverture de ces JO par France Télévisions.
Ce n'est pas une surprise, c'était déjà le cas il y a 2 ans à Pékin...
En gros, il semble que les principaux griefs évoqués à l'époque SE REPETENT aujourd'hui. Ok FR2, vous n'en avez RIEN A FOUTRE des critiques (mêmes constructives), voilà l'image que vous véhiculez...
Le fait de ne MEME PAS OUVRIR un forum "spécial JO" montre bien que vous n'êtes pas ouverts aux critiques.

Par rapport aux JO d'été, France Télévisions a DE PLUS un inconvénient MAJEUR : ils ne diffusent PAS les compétitions d'hiver, JAMAIS...
FR2 diffuse par exemple le Championnat du Monde d'Athlétisme. Du coup, lors des JO d'été, ils ont les commentateurs et les consultants pour commenter les épreuves d'athlétisme (et l'athlétisme était la seule chose bien traitée à Pékin).
Dans les JO d'hiver, AUCUNE épreuve ne bénéficie de cet avantage chez France Télévisions...
Au contraire d'Eurosport, qui EST le diffuseur officiel des épreuves "d'hiver".

La différence (dans les commentaires) est EVIDENTE sur les épreuves de saut à ski, de biathlon, et même sur l'ensemble des disciplines de ski alpin. Toutes ces disciplines sont sur Eurosport chaque année, sur chaque compétition, alors qu'elles ne sont sur France Télévisions qu'une fois tous les 4 ans (et en plus, convertes par ceux qui ont accepté à contrecoeur de se rendre à Vancouver, je pense entre autre à Bernard Montiel qui n'est visiblement pas dans son élément).

Résultat : sur l'ensemble des épreuves, et malgré quelques "bons" consultants, les commentaires de France Télévisions font la risée des blogs...

Pour me faire l'avocat du diable et être tout à fait honnête, il y a DEUX compétitions où France Télévisions est meilleur qu'Eurosport : le patinage artistique (parce que le trio de commentateurs est bien établi, que les analyses techniques sont plutôt justes, et que les différents "écarts de langage" restent dans la mesure), et le ski acrobatique (parce que le consultant sait de quoi il parle).
Sur TOUTES les autres, France Télévisions est (largement) en-dessous.

Et sur le short track, on atteint le fond.... yikes
Je ne sais pas s'il s'agit d'une volonté délibérée (genre "j'aime pas cette discipline.."), mais le fait est que Nelson Monfort n'a eu de cesse de "casser" cette discipline, dans TOUS ses commentaires.. Le plus souvent, il osait même dire en direct qu'il "n'y comprenait rien", mais continuait pourtant à fustiger les arbitres..
L'intérêt pour le pauvre Nelson semblait être UNIQUEMENT de faire un bon mot, et de passer au zapping.

Et hier soir, les bornes ont été dépassées : sur une finale, les SEULS commentaires de Nelson Monfort (aidé par le journaliste en plateau, qui l'encourageait à force de relance) ont été DES JEUX DE MOTS POURRIS sur les noms des compétiteurs...
Pendant TOUTE la finale, et même après...

Un NON-RESPECT HALLUCINANT de la discipline, et des sportifs en compétition...

Franchement, j'ai eu HONTE... hmm
Quel match !!!

On en parle peu (voire pas du tout... sad), mais la France est engagée chez les hommes en curling... (les femmes n'étant pas qualifiées).
Certes, les chances de médaille sont extrêmement faibles (encore plus, maintenant que la compétition est engagée..).
Certes, les matchs sont extrêmement longs et donc difficiles à retransmettre (c'est la compétition la plus longue, de loin, de TOUTES les disciplines des JO).

Mais quand la France joue un match décisif en fin de soirée, alors que toutes les autres compétitions sont terminées, ON SE DEMANDE POURQUOI France Télévisions ne diffuse pas le match... (?? hmm blink)
Il est normal de donner la priorité aux autres compétitions, mais là, le match de l'équipe de France était en fin de programme, il n'y avait RIEN D'AUTRE (à part un match de hockey), et pourtant FR2 a terminé son programme sans même parler du match en cours...

C'EST DEBILE...
C'était au contraire l'occasion rêvée de faire découvrir ce sport aux téléspectateurs.
Problème : France Télévisions n'a AUCUN COMMENTATEUR de prévu pour le curling....... blink
Il y a quelques jours, ils ont "tenté" de nous montrer quelques images, et il a fallu inviter un consultant sur le plateau A PARIS (et non sur place). Résultat : l'un des nombreux "ratés" de France Télévisions pendant ces JO, parce que l'on ne peut pas intéresser le public sur ce sport particulier en ne proposant que quelques minutes d'un match qui dure 2 ou 3 heures (et commenté par quelqu'un qui n'a aucun expérience en la matière).

Ils avaient l'occasion de se racheter ce soir, car c'était la France, un match important, et cela ne privait d'aucune autre compétition. Ils ne l'ont pas saisi...

Et pourtant, le match était VRAIMENT intéressant.

Menés 3 - 2 après la 3ème mène, l'équipe de France a joué l'égalité dans les mènes suivantes (ce qui permet de conserver l'avantage d'avoir la dernière pierre), allant jusqu'à "gaspiller" volontairement une pierre pour faire 0 - 0 dans certaines mènes.
Malheureusement, une petite erreur a amené un nouveau point suédois à la 7ème mène, portant l'avantage à 4 - 2.
Du coup, les français ont été obligés de combler leur retard à la 9ème mène, revenant 4 - 4 au début de la 10ème et dernière mène, mais perdant du coup l'avantage du dernier lancer qui revenait donc aux suédois sur cette dernière mène.

Le suspense était à son comble... Jusqu'à la dernière pierre (après 3h de jeu)...
Les français se positionnaient logiquement dans la maison avec une pierre de garde (peu dangereuse) et les suédois avaient donc l'occasion de lancer les derniers et d'éliminer les français (les résultats actuels font que la France doit absolument gagner tous les matchs restants pour avoir une chance de se qualifier en demi-finale).
Mais contre toute attente, les suédois échouaient sur cette dernière tentative, laissant le point victorieux aux français !!

Victoire 5 - 4 de la France (qui reste loin dans le classement général, mais qui n'est pas mathématiquement éliminée).
Superbe match (il y a eu un "coup de 3" de la part des français, une pierre qui élimine 3 pierres adverses, qui était de toute beauté..), et honte à FR2 de n'avoir pas voulu bouleverser ses programmes...

Pour être tout à fait honnête, c'est AUSSI grâce à France Télévisions que j'ai pu suivre ce match...
J'ai en effet découvert que sur le site Internet on avait accès au faisceau international, et que l'on pouvait donc suivre certaines compétitions dans leur intégralité (et SANS COMMENTAIRES, juste le son d'ambiance). Le format est réduit, mais de très bonne qualité. On regrette juste de ne pas pouvoir déplacer la fenêtre vidéo dans l'écran (on est obligé de l'avoir au centre).

Bon, pour une discipline aussi stratégique, ne pas avoir de commentaires peut être gênant pour les non-initiés (mais comme il s'agissait de français, on avait les micros des joueurs pour nous aider).
De toutes façons, on préfère aucun commentaire plutôt que les commentaires INDIGNES et HONTEUX de Nelson Monfort sur le short track...
(je reviendrai là-dessus dans un autre message, car cette fois, les bornes ont été dépassées...).
Si les JO avaient bien débuté pour l'Equipe de France, les résultats d'hier et d'aujourd'hui sont beaucoup moins bons...
Pourtant, il y a deux jours la France restait sur sa bonne lancée initiale avec 3 nouvelles médailles.

Vincent Jay
AFP
En biathlon, les courses de poursuite ont amené 2 médailles de bronze par Vincent Jay (deuxième médaille personnelle) et Marie-Laure Brunet. Ils ont tous les deux parfaitement utilisé leur position de départ avantageuse (puisque l'on partait avec les positions et les écarts réalisés lors de la course de sprint).

En revanche, aujourd'hui en individuel (où l'on repart à égalité, sauf que la distance est double du sprint et avec 4 séries de tirs au lieu de 2), les français n'ont pas été à la fête.
- la première française, Marie-Laure Brunet est 12ème (les autres sont 30ème, 51ème et 52ème...).
- le premier français, Martin Fourcade est 14ème (les autres sont 26ème, 40ème et 60ème...).

Notons que contrairement aux sprints et aux poursuites, on retrouve dans ces courses individuelles plus de noms connus dans les premières places. Chez les femmes, Tora Berger remporte l'or, Wilhelm est 4ème, Henkel est 6ème (par contre les suédoises sont toujours curieusement absentes). Chez les hommes, Emil Swendsen remporte l'or, Sikora est 7ème, Summan 8ème et Greis 10ème.
Et surtout, Ole Einar Bjoerndalen prend la médaille d'argent (à égalité avec le bélarusse Sergey Novikov).

Le norvégien remporte donc sa 10ème médaille olympique !!!
Un palmares incroyable : 5 médailles d'or (4 à Salt Lake, 1 à Nagano), 4 médailles d'argent (2 à Turin, 1 à Nagano, 1 à Vancouver), 1 médaille de bronze (à Turin).
Il n'est plus qu'à deux unités du record absolu dans les JO d'hiver détenu par son compatriote Björn Daehlie (12 médailles).
Ce sera dur d'atteindre ce record cette année (puisqu'il ne reste que 2 courses, et si Bjoerndalen restera dans les favoris lors de la "mass-start", ce sera dur pour lui en relai). Mais alors qu'il a déjà 36 ans, Bjoerndalen a annoncé sa volonté d'aller jusqu'aux prochains Jeux en 2014...
(note : en revanche, le nombre de médailles d'or ne sera pas atteint, puisque parmi ses 12 médailles, Daehlie en a 8 en or...).

En biathlon, les deux prochaines courses seront magnifiques à suivre...

Tout d'abord, la "mass-start", un format très rare (il n'y en a que 2 d'organisées chaque saison), mais TRES SPECTACULAIRE : en effet, comme son nom l'indique TOUS les concurrents s'élancent en même temps sur le parcours (il y a évidemment moins de qualifiés pour ces courses, car il faut avoir autant de pas de tirs que de concurrents) ! Les 30 ou 40 concurrents se retrouvent donc quasi en même temps sur les premiers tirs (c'est pire qu'en poursuite).

Ensuite, les courses de relai, où on espère que la France saura être fidèle à la tradition et décrocher une médaille (soit chez les femmes, soit chez les hommes).
Bon, franchement, les performances d'ensemble des français semblent un peu justes pour l'instant pour pouvoir briller en relai, mais on ne sait jamais...

Deborah Anthonioz
AP / Mark J. Terrill
Toujours il y a deux jours, Deborah Anthonioz a décroché la médaille d'argent en snowboard cross. Une belle performance, au vu du caractère particulièrement aléatoire de cette compétition.
J'avoue que je ne comprends pas vraiment ce format de compétition : des courses 4 par 4, dont les deux premiers sont qualifiés pour le tour suivant. Les accrochages sont nombreux, ce qui élimine BETEMENT des coureurs alors qu'il n'y sont pour rien (juste parce qu'un autre concurrent s'est planté devant eux). C'est la même chose en short track (patinage de vitesse sur petite piste).

Je trouve que c'est plutôt injuste...
Il y a plein d'autres compétitions "dangereuses", où une chute est rhédibitoire (les bosses, le half-pipe ou même le ski alpin), mais au moins on n'entraîne pas un autre concurrent dans sa chute !
Dans le concours masculin de la veille, les français ont TOUS été éliminé sur de tels contacts, heureusement Tony Ramoin est venu sauver l'honneur en remportant la médaille de bronze.
Bref, on s'en sort bien...

On en arrive aux déceptions, avec tout d'abord Bryan Joubert qui ne s'est classé que 18ème à l'issue du programme court, ce qui est tout de même la plus grande contre-performance française jusqu'à présent (on regardera quand même le programme libre de ce soir, car le duel entre les 3 premiers, assez facilement devant les autres, risque d'être épique).

En ski alpin, les résultats français ne sont pas bons non plus jusqu'à présent (même si les meilleures chances françaises ne sont pas encore passées). 7ème en descente pour Marie Marchand-Arvier c'est correct, mais 23ème pour Ingrid Jacquemod c'est moins bon. Et aujourd'hui, 10ème place pour Marchand-Arvier dans le super combiné dames.

Enfin hier en half-pipe masculin, Mathieu Crepel s'est certes qualifié pour la finale (12 qualifiés) mais a raté ses deux runs en finale (10ème au classement final).
Il faut reconnaître que, de toute façon, les leaders étaient intouchables hier soir...

Les 4 premiers ont chacun réalisé au moins un run à plus de 42 points (sur un total théorique maximal de 50...), les deux premiers réalisant 2 runs à plus de 40 points.
Et le gagnant, l'américain Shaun White, grand favori de l'épreuve, nous a gratifié d'une performance exceptionnelle...
Avec son premier run, déjà fantastique à 46.8 points, il menait largement la compétition. Lorsqu'il s'est élancé pour son deuxième run (en dernier donc), il savait déjà qu'il était médaille d'or, puisque l'on prend le meilleur score des deux runs et que son plus proche adversaire avait réalisé 45.0 au deuxième run.

Sans pression, il a FAIT LE SHOW, en particulier en tentant une figure incroyable en fin de run... qu'il a réussi ! (avec une réception limite).
Résultat : 48.4 points !!! (rappel: sur 50 max).

Probablement l'un des grand moments de ces JO 2010....

(et Shaun White me semble pour l'instant LA superstar de ces Jeux, avec peut-être Lindsay Vonn chez les femmes).
Après la journée française, c'était incontestablement une journée pour les suisses...

Didier Défago a en effet remporté la descente homme, épreuve reine de ces Jeux.
Une compétition très serrée puisque les 3 premiers sont à moins d'un dizième de seconde.
(à noter la belle 3ème place de Bode Miller).

Contre-performance des français, puisque Adrien Theaux n'est que 16ème, heureusement compensée par la belle 7ème place de David Poisson.

La Suisse s'offre un deuxième titre avec Dario Cologna en ski de fond libre.
Le français Vincent Vittoz échoue à la 5ème place, mais à seulement 4 secondes de la médaille de bronze. Dommage.
Maurice Manificat termine 6ème, à 51".

Le grand moment de cette journée (hormis la descente) a été le sacre du couple Shen / Zao en patinage artistique couple.
La Chine fait le doublé, devant le couple allemand, et surprise (lol), la notation des juges ne souffre d'aucun a priori (le programme gagnant était VRAIMENT magnifique).

A suivre aujourd'hui les poursuites en biathlon (médaille de bronze pour la France en féminin), et le début de la compétition en patinage artistique homme.
Deux médailles d'or, et du coup la première place au tableau des médailles : hier, c'était vraiment la journée des français !!

Vincent Jay
En biathlon, sprint homme, tout d'abord. Parti avec le dossard 6, Vincent Jay a réalisé un sprint parfait, et comme Marie Dorin la veille, a ensuite attendu les autres concurrents.
Mais aucun n'est venu le dépasser.

Il faut avouer que le français a tout de même bénéficié d'un changement des conditions climatiques, la pluie et la forte neige qui s'est abattue sur le parcours ayant largement handicapé ses adversaires.
Néanmoins, la météo n'explique pas tout. Ainsi, le grand Ole Einar Bjoerndalen était lui-aussi parti parmi les premiers, ce qui ne l'a pas empêché de se planter complètement au tir (il finit à la 17ème place, à plus de 1'40").

Comme la veille chez les femmes, certains grands noms du biathlon sont passés au travers : Michael Greis 21ème, Halvard Hanevold 24ème, Tomasz Sikora 29ème !

Jason Lamy-Chappuis
Côté français, la performance surprise de Vincent Jay va faire oublier la contre-performance d'ensemble : les frères Fourcade sont 35ème et 71ème, et notre porte-drapeau Vincent Defrasne n'est que 53ème.
Autant dire que pour la poursuite de mardi, les espoirs masculins ne reposeront que sur Vincent Jay (en plus, les écarts masculins sont bien plus importants que les féminins), au contraire des femmes où la la course sera plus ouverte.

En combiné nordique, Jason Lamy-Chappuis a parfaitement tenu son statut de favori en remportant l'or à l'issue d'un sprint final dont il est friand.
Après un saut à ski un peu décevant (5ème, à 46 secondes de retard) à cause de conditions météo changeantes sur le petit tremplin, le français est rapidement revenu en tête lors du ski de fond, en compagnie de 6 autres concurrents. Ce groupe de 7 est resté ensemble pendant toute la course et l'emballage final n'a eu lieu que lors de la dernière difficulté.

Dans le groupe réduit à 4, le français était en retard à l'entrée dans le stade, mais a ensuite poussé une accélération finale fantastique pour prendre la tête à l'arrivée, passant devant l'américain Johnny Spillane qui avait lancé l'attaque initiale.

Deux médailles d'or françaises
L'autre grand moment de la journée fut le concours de ski acrobatique bosses masculin.
Un concours vraiment spectaculaire, tout comme l'avait été celui des femmes la veille.
Le duel annoncé était principalement entre le français Guilbaut Colas et le canadien Alexandre Bilodeau.

Et effectivement, lors de la première manche, les deux concurrents se classaient respectivement premier et deuxième.
Mais les écarts étaient très faibles et derrière, d'autres canadiens, un américain et un japonais se tenaient en embuscade.
La finale fut grandiose...
Le public était évidemment en transe, puisqu'à un moment, on avait 2 canadiens en tête, suivis par le bouillant japonais.
L'américain Bryon Wilson passait devant, puis l'australien Dale Begg-Smith, ancien champion qui avait pourtant raté sa première manche (et que l'on avait donc enterré un peu tôt).

Classé deuxième de la première manche, le canadien Alexandre Bilodeau faisait alors un run magique, irréel de rapidité et d'amplitude dans les sauts. Obtenant grosso-modo les mêmes notes techniques que l'australien, la différence était faite sur la vitesse.
Le Canada tenait donc sa médaille, mais restait le français... Allait-on assister à la même déception que la veille pour le pays organisateur (Jennifer Heil avait du se contenter de la médaille d'argent, alors qu'elle était largement favorite et en tête avant le passage de la dernière concurrente) ?

Guilbaut Colas, très détendu au départ, confiant dans ses capacités, a réalisé le run le plus rapide...
Mais ses 2 sauts n'étaient pas aussi beaux que lors de la première manche. Le premier était bien réalisé mais pas spectaculaire, et le deuxième, certes plus compliqué, était entaché d'une erreur technique qui lui coûte beaucoup de points.
Résultat : 6ème place seulement pour le français et enfin cette fameuse première médaille d'or pour le Canada.
Pour les organisateurs, ces Jeux Olympiques n'ont pas démarré sous les meilleurs auspices : un accident mortel et de gros soucis de météo... neutral
Après l'annulation du super-combiné dames dès vendredi (et non reprogrammé pour l'instant), c'est l'épreuve reine, la descente messieurs, qui a été annulée et reportée sine die (peut-être lundi, mais à condition que les entraînements puissent avoir lieu avant, ce qui est loin d'être assuré).

En revanche, et après enquête, le concours de luge a bien été maintenu. Le muret en cause lors de l'accident a juste été légèrement réhaussé.

En saut à ski petit tremplin, c'est un habitué des podiums qui a pris le titre, le suisse Simon Ammann, devant le polonais Adam Malysz, lui aussi habitué aux titres en Coupe du Monde. Du grand classique, donc.

Marie Dorin
DPPI
La (bonne) surprise est venue du biathlon, sprint féminin... big_smile

Partie avec le dossard 10 (sur 89), la jeune française Marie Dorin, 23 ans, a réalisé la course de sa vie. Dans le rythme à ski dès le début (et pourtant sans avoir de temps de référence auquel se raccrocher), elle s'est appuyé sur un tir parfait (10/10, le tir est sa grande force) et a ensuite vécu une très longue attente à l'arrivée...

Le temps de voir une à une les favorites arriver derrière elle !
A commencer par les suédoises, totalement hors du coup aujourd'hui : Anna Carin Olofsson termine 20ème (malgré un sans-faute au tir), Helena Jonsson 12ème.
De même les norvégiennes : Flatland est 10ème, quant à Tora Berger elle n'est que 33ème.
Les russes réalisent un bon score groupé (4ème, 7ème, 13ème et 22ème), mais en-dehors du podium.
Quant aux allemandes, elles sont globalement absentes (Hauswald 26ème, Andrea Henkel 27ème et Kati Wilhem 30ème), mais heureusement sauvent les meubles grâce à Magdalena Neuner.

Marie Dorin
L'allemande, grande favorite de l'épreuve, a été la seule des favorites a tenir son rang, mais doit se contenter de la médaille d'argent. Elle est en effet devancée de 1.5 secondes par une inconnue, la slovaque Anastazia Kuzmina, qui prend la médaille d'or grâce à un extraordinaire parcours à ski lors de la deuxième boucle (elle n'était que 22ème à l'issue du tir couché, 3ème après le tir debout...).
Et la française Marie Dorin décroche donc la médaille de bronze (à 10.9 secondes de la première place).

Après le titre olympique de Florence Baverel il y a 4 ans, c'est à nouveau la preuve que la France est une des grandes nations du biathlon, autant en féminin qu'en masculin (et les équipes ont en plus été largement remaniées, il ne reste que Sandrine Bailly et Vincent Defrasne comme "anciens").

D'ailleurs, les autres françaises n'ont pas démérité puisque Marie-Laure Brunet est 6ème et que la doyenne Sandrine Bailly se classe 15ème. Quant à Sylvie Becaert, elle a été handicapée par son dossard (89 et dernier) et termine 29ème.

Les places et les temps de cette course de sprint sont doublement importants, car ils serviront de référence pour le départ de la poursuite (mardi). Donc, Marie Dorin s'élancera en troisième position, 11 secondes derrière la slovaque.
Une course qu'il ne faudra pas manquer :
- d'une part, c'est beaucoup plus spectaculaire que le sprint (surtout aux premiers tirs, où toutes les filles sont ensembles). Et plus simple à suivre, c'est une vraie course, pas contre le chronomètre.
- d'autre part, les écarts d'aujourd'hui sont étonnamment faibles : les 21 premières sont en moins d'une minute ! Il y aura donc une sacré bataille, même les filles situées aux alentours de la 30ème place ont des chances.
- enfin, nous l'avons vu, les françaises seront assez bien placées dès le départ. Et en poursuite, il y a 4 tirs et c'est la spécialité des françaises...

A suivre demain, le sprint homme...
Cérémonie ouverture Vancouver 2010
Hier soir a donc eu lieu la cérémonie d'ouverture de ces Jeux de Vancouver 2010.
Une cérémonie évidemment marquée par le décès du lugeur géorgien Kumaritashvili intervenu un peu plus tôt dans la journée lors d'un entraînement.

A chaque JO, on retrouve une cérémonie d'ouverture (et de fermeture) relativement identique, et celle-ci n'a pas dérogée à la règle.
Il faut dire qu'il y a tout un lot de choses protocolaires à effectuer, et dans un certain ordre, même si le défilé des athlètes (2761 compétiteurs issus de 82 pays) a cette fois eu lieu plus tôt que d'habitude. Et même dans la partie artistique, certains choix jadis novateurs sont devenus de fait des standards, que l'on retrouve du coup à chaque fois.

On a par exemple eu le droit au début au fameux tableau concernant les "peuples antiques", puis les "croyances ancestrales", du déjà vu à Sydney, à Pékin...

Ensuite, l'évocation de la nature, la mer, la forêt, la montagne, encore du déjà vu. Note en passant : l'évocation de la mer est quand même plutôt originale pour des JO d'Hiver. En effet, c'est la première fois que des JO d'hiver sont organisés par une ville en bordure de mer. Mer et montagne ne sont normalement pas compatibles ! wink2 Il faut dire aussi que les compétitions de ski alpin se déroulent à Whistler, située à 120 km au nord de Vancouver...

Cérémonie ouverture Vancouver 2010
Techniquement, rien de bien nouveau non plus : les inévitables "hommes volants" suspendus par des harnais, une structure monumentale mobile qui sort du sol au centre du stade, et les décors projetés sur le sol ou dans le public. La cérémonie étant organisée pour la première fois dans un lieu fermé, on pouvait s'attendre à ce que les Canadiens utilisent mieux ce fait.

Ceci dit, l'ensemble était quand même très agréable à regarder, le meilleur moment étant pour moi (et de loin) le passage de la glace qui se fissure, laissant la place à l'eau, puis le défilé des baleines... Magnifique. fier

La fin de la cérémonie fut par contre un peu... brouillonne ! Et assez décevante...

Parmi les personnalités invitées à porter le drapeau Olympique, on retrouvait le pilote Jacques Villeneuve, ex-champion du monde de F1, ainsi que l'acteur Donald Sutherland (que l'on était très surpris de retrouver ici).

En ce qui concerne les derniers porteurs de Flamme, on aura remarqué le basketteur Steve Nash, meneur de jeu des Dallas Mavericks et grand rival de Tony Parker (son alter-ego chez les Spurs) en NBA.

Flamme Olympique Vancouver 2010
Et le dernier porteur était (assez logiquement) le hockeyeur légendaire Wayne Gretzky.

Mais une fois le dernier porteur révélé, la mise en place de la structure qui devait s'enflammer à pris BEAUCOUP de temps (trop). Et tout cela pour un allumage "fictif" (et peu spectaculaire), puisque la véritable vasque devait être allumée APRES la cérémonie.
On aurait largement préféré un système électronique qui aurait allumé la vraie flamme olympique de manière automatique. Là, les spectateurs dans le stade ont été priés de rester pour assister sur écran à l'allumage. Et il leur a fallu attendre 15 MINUTES !!!
Le temps pour transporter Wayne Gretzky à travers Vancouver, pour qu'il puisse lui-même allumer cette foutue flamme...

C'en était visiblement trop pour FR2 qui a interrompu sa retransmission sans attendre (mais sur le coup, je ne leur en veux pas trop, tellement cette organisation était par trop bancale). Eurosport a tenu, mais au prix d'un grand moment de solitude, puisque pendant 15 minutes pleines, il n'y avait RIEN à commenter (de superbes images de Vancouver de nuit, mais bon...).

Bref, une fin un peu ratée... neutral

Vancouver 2010
 
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