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JO 2008 (RSS feed)

En 2004, les Etats-Unis avaient conservé la tête du classement des nations (acquis depuis 1996 grâce à l'éclatement de l'ex-URSS), mais de seulement 3 médailles d'or devant la Chine (rappel : le classement est établi selon le nombre de médailles d'or, les autres médailles servant à départager les ex-aequo. Ce classement n'a rien d'officiel, la Charte olympique ne prévoyant aucun barème pour départager les pays.).
Etant donné que ces Jeux Olympiques avaient lieu en Chine, et au vu de la progression constante de ce pays depuis les dernières olympiades, on s'attendait à une remise en question de l'hégémonie américaine. Mais on pensait aussi qu'il y aurait un vrai match serré entre les deux nations.

Or le match a tourné court : en deux ou trois jours, l'écart a dépassé 10 médailles d'or, puis a toujours été compris entre 15 et 20, la Chine ne laissant aucune chance aux Etats-Unis.

1. Chine (100 médailles : 51 en or, 21 en argent, 28 en bronze)


Pari réussi pour le pays hôte : non seulement les Jeux ont été parfaitement organisés, mais en plus les chinois prennent très nettement la tête du classement, avec 15 titres d'avance sur les américains. Ils réalisent leur objectif ambitieux d'atteindre les 50 médailles d'or (ambitieux parce qu'il y a seulement 4 ans, il n'en n'avaient que 32...).
La Chine a ainsi considérablement accéléré sa progression, autant sur le nombre de titres que sur le nombre total des médailles :
- titres : 15 seulement en 1984, 32 à Athènes il y a 4 ans, 51 cette année.
- total : 28 en 1988, 54 en 1992, 50 en 1996, 59 en 2000, 62 en 2004, et 100 tout rond cette fois.

Les chinois ont particulièrement brillé dans certains sports, véritables points forts où leur domination a été si totale qu'il ne restait que des miettes pour les autres nations.
- en gymnastique : médaillés sur chacune des 12 épreuves, l'or à 9 reprises !
- en haltérophilie : 4 titres chez les hommes et autant chez les femmes.
- en plongeon : 7 titres pour huit épreuves !
- en tennis de table : 4 titres sur 4 possibles !
- en badmington : 3 titres.
Rien qu'avec ces 5 sports (27 titres), la Chine a déjà plus de médailles d'or que tous les autres pays, à l'exception des Etats-Unis...

Ensuite, bon nombre de médailles sont venues des sports de tir (arc, pistolet) et de combat (judo, lutte). Même en boxe, ils ont obtenu 2 médailles d'or (le dernier jour). Les seuls points faibles sont l'athlétisme et les sports collectifs (médaille de bronze pour le volleyball féminin cependant).

2. Etats-Unis (110 médailles : 36 en or, 38 en argent, 36 en bronze)


Sentant sans doute que ce serait difficile de conserver la tête de la hiérarchie, la plupart des médias américains (dont les plus grands : Fox News, CNN, New York Times...) ont dès le début adopté comme référence le classement établi à partir du seul critère du nombre total de médailles. Ce subterfuge permet d'éviter l'humiliation de la rétrogradation (110 contre 100). Certains journaux ont même été jusqu'à ne présenter que le classement du total des médailles toutes olympiades ajoutées : évidemment, dans un tel classement, les Etats-Unis restent largement en tête (en médailles d'or leur avance est de plus de 500, en total de plus de 1000...), et le resteront d'ailleurs pendant encore quelques siècles...

A noter que s'ils sont au final largement dominés par les chinois, les américains réalisent un score comparable à celui d'Athènes (103 médailles dont 35 titres) ou de Sydney (97 médailles dont 39 titres).
En natation, grâce évidemment à Michael Phelps et ses 8 médailles d'or à lui tout seul, les Etats-Unis réalisent un bilan impressionnant : 12 médailles d'or, 9 en argent et 10 en bronze. Et dans les sports collectifs, c'est pratiquement carton plein : doublé hommes / femmes en basket et en beach-volley, et en volleyball, or pour les hommes et argent pour les femmes.

Il n'y a finalement que l'athlétisme qui a déçu (relativement, puisqu'ils obtiennent néanmoins 7 titres..). En particulier sur le sprint, archi-dominé cette année par la Jamaïque. Et la faillite complète des relais a également été assez mal vécue.

3. Russie (72 médailles : 23 en or, 21 en argent et 28 en bronze)


La Russie conserve sa 3ème place au classement.
Si par rapport à la précédente édition en 2004 le nombre de médailles d'or n'a pas beaucoup chuté (- 4), c'est surtout en nombre total de médailles que la Russie a beaucoup perdu : 20 médailles en moins. Du coup, l'écart avec le 4ème (en nombre total) s'est grandement réduit : 43 en 2004, 25 en 2008.

Certains sports restent sous la domination des russes : la natation synchronisée, la gymnastique rythmique, et surtout la lutte (trois titres en libre et autant en gréco-romaine).
En athlétisme, ils ont glané 6 médailles d'or (dont le surprenant relais 4x100m féminin, profitant de la débâcle américaine).
En revanche en gymnastique, pourtant l'un de leur traditionnel point fort, les russes ont fait les frais de l'impressionnante domination chinoise : ils ne repartent qu'avec 2 maigres médailles de bronze.

Divers


Quelques points divers concernant le tableau des médailles :

  • La quatrième place est prise par la Grande-Bretagne (19 or, 13 argent, 15 bronze, total 47), qui obtient son meilleur résultat depuis un siècle. La cinquième place est occupée par l'Allemagne (16 or, 10 argent, 15 bronze, total 41). La France est 10ème (voir article précédent).
  • La Chine a remporté 1/6ème des médailles d'or : 51 sur 302.
  • Michael Phelps à lui tout seul a remporté autant de médailles d'or que l'Italie, 9ème du classement (et une de plus que la France). En deux olympiades, il totalise désormais 16 médailles (14 or, 2 bronze).
  • La Jamaïque a remporté toutes ses médailles en athlétisme : 11 au total, 6 en or (dont 3 pour Usain Bolt), ce qui leur permet de se classer 13ème.
  • La parité est parfaitement respectée dans les médailles américaines : 53 pour les hommes, 53 pour les femmes, 4 en mixte.
  • 87 pays ont réussi à décrocher au moins une médaille.
  • Ratio médailles / athlètes :
    - meilleurs : Zimbabwe (4 médailles pour 13 athlètes), Kenya (13 médailles pour 46 athlètes), Arménie (6 médailles pour 26 athlètes).
    - moins bons : Afrique du Sud (1 médaille pour 142 athlètes), Egypte (1 médaille pour 104 athlètes), Belgique (2 médailles pour 103 athlètes).
  • Ratio médailles d'or / total de médailles : parmi les 17 nations ayant obtenu au moins 15 médailles, seuls le Canada (de peu) et Cuba font moins bien que la France. Ce faible ratio explique pourquoi la France n'est que 10ème au classement malgré un bon nombre total de médailles.

Tableau des médailles


Le tableau étant un peu long, vous le trouverez sur un article séparé (en dehors du blog) : Tableau des médailles JO 2008
Trois groupes en France avaient acquis les droits de diffusion de ces JO : TF1 (Eurosport), FranceTélévision (France2, France3, France4), et Canal+ (Canal+, Canal+ Sport, Sport+).

Les forces en présence


Cela donnait concrètement 4 choix de chaîne pour les téléspectateurs : en effet, sur FranceTélévision les différents canaux n'étaient (le plus souvent) pas en concurrence. En fait le fonctionnement était grosso-modo le même que pendant le Tour de France ou Roland-Garros : France2 et France3 se relayaient successivement en fonction des programmes "fixes" (tel que le Journal de 13h). Les deux canaux n'étaient utilisés en même temps que très rarement, par exemple en pleine nuit pour le marathon ou la course sur route en cyclisme. D'autre part, France4 n'était utilisé que pour la retransmission du football et chez Canal+, la chaîne Sport+ était dédiée au tennis (nous ne parlerons pas de ces deux canaux spécifiques).
En revanche, Canal+ et Canal+ Sport étaient vraiment deux canaux indépendants (journalistes en plateau différents, programmation différente même si la chaîne premium "zappait" de temps en temps sur la programmation de Canal+ Sport).

Nous avions donc 4 chaînes : Eurosport, Canal+ Sport, Canal+ et FranceTélévision (nommée France2 dans la suite).
Pour répondre d'avance à un éventuel commentaire ("il faut comparer ce qui est comparable"), notons tout de suite qu'effectivement les 4 chaînes ne sont pas "équivalentes", ni en terme d'audience, ni en terme d'accès, ni enfin en terme de spécificité : les deux premières sont des chaînes exclusivement sportives, ce qui leur permettait de proposer les Jeux 24h/24. Les deux autres sont "généralistes" et leur programmation était basée sur le direct (environ 15h/24 + émissions récapitulatives le soir).
Enfin, France2 est gratuite, les autres sont payantes par abonnement.
Néanmoins, en se plaçant du côté d'un téléspectateur ayant accès aux différentes chaînes, peut importe qu'une chaîne soit "sportive" ou "généraliste" : ce qui compte, c'est que les compétitions soient retransmises, et dans de bonnes conditions. D'ailleurs, RIEN N'EMPECHAIT les chaînes dites généralistes de DEVENIR sportives pendant 15 jours : FranceTélévision aurait pu transformer France3 en un canal "JO only" et Canal+ de même (comme ils l'avaient fait en 1996, à l'époque où il n'y avait qu'un seul canal).

C'est donc dans l'optique "regardons les compétitions sur les chaînes qui les diffusent" qu'est réalisé cette analyse.

Eurosport


Eurosport avait fait 2 choix particuliers (comme en 2004) qui permettaient de se distinguer nettement de ces concurrentes :

- ne diffuser que certaines compétitions : natation (plongeon compris), athlétisme, aviron, canoë-kayak, haltérophilie, cyclisme et gymnastique (au moins les concours généraux). Et quelques sports collectifs en fin de quinzaine.
Grâce à ce choix opéré à la base, la chaîne avait un avantage indéniable sur les autres : proposer les compétitions DANS LEUR INTEGRALITE, de l'ouverture à la fermeture du canal international, sans aucun "zapping" sur d'autres sites. C'était par exemple le cas des sessions de natation (matin et après-midi) : TOUT était diffusé, toutes les séries, toutes les remises de médailles... De même en athlétisme.
Eurosport a été la seule chaîne à diffuser les concours d'haltérophilie dans leur ensemble, de même que les courses d'aviron ou les concours de plongeon.
D'autre part, le nombre restreint de compétitions tout en ayant un créneau 24/24 permettait de proposer des rediffusions : pour ceux qui ne pouvaient pas se lever à 3h du matin, la session de natation était proposée en différé dans la soirée.

- ne pas avoir de "plateau" et avoir un traitement international : comme il n'y avait pas de "zapping" à faire entre les compétitions (voir point précédent), nul besoin d'avoir un journaliste en plateau pour lancer les sujets. Alors que France2 et Canal+ avait mobilisé l'ensemble de leurs présentateurs pour les Jeux (4 présentateurs devant se relayer sur une journée), ceux d'Eurosport (et en particulier d'Eurosport France) étaient tous en vacances ! smile
D'autre part, comme il n'y avait pas de traitement spécifique à un pays (on diffusait les compétitions indépendamment de la présence ou non d'un athlète français ou autre), l'intégralité des Jeux a été produit pour l'international (Eurosport est présente dans plusieurs pays européens). Les émissions récapitulatives du soir, ainsi que les interviews, étaient donc en anglais (mais évidemment doublées pour nous en français).

Points forts :
- compétitions en intégralité.
- commentaires sérieux et sans "exaltation" excessive (natation, athlétisme).
- rediffusions complètes le soir (natation, athlétisme).
- exclusivité de certaines épreuves (haltérophilie, plongeon).
- exclusivité de certains interviews dans l'émission du soir (en particulier celui de Michael Johnson après la perte de son record mythique du 200m).

Points faibles :
- de nombreux sports absents (boxe, judo, escrime, etc...). Mais sur les autres chaînes, ces sports ne sont pas vraiment diffusés non plus : on ne voit que les français...

Publicité : normale.

Canal+ Sport


Ce canal 24/24 était là pour diffuser les compétitions que le canal "premium" (Canal+ normal) n'avait pas le temps de diffuser. En particulier certains sports collectifs, qui n'avaient aucune chance d'être diffusés sur le premium puisque la France n'était pas engagée.

Bien que les responsables de la chaîne cryptée aient annoncé que sur Canal+ Sport les compétitions seraient retransmises en intégralité, ce n'était pas tout à fait le cas, en tout cas pas comme sur Eurosport. Il y avait en effet du "zapping" de temps en temps, mais seulement parce que certains sports NE PEUVENT pas être diffusés en continuité : la boxe, l'escrime, le judo, etc, durent toute la journée.
En revanche, pas de problème pour les sports collectifs : lorsqu'un match était diffusé, c'était en entier.

La complémentarité avec le canal premium s'effectuait par exemple de la manière suivante : Canal+ Sport diffusait quelques combats de judo et lorsqu'un français arrivait "prévenait" Canal+ qui diffusait alors ce combat. La suite restait sur Canal+ Sport. C'était là l'un des points forts de la chaîne : la possibilité de voir un peu plus que seulement les français dans une compétition (par exemple en judo, en boxe, en escrime).
Le journaliste en plateau n'était là que pour donner quelques infos rapides et pour changer de sport (ainsi que pour les incontournables "pages sponsors" dont nous reparlerons plus tard).

Comme Canal+ Sport ne s'occupait pas des sports majeurs comme la natation ou l'athlétisme, cela leur laissait le temps de diffuser des compétitions qui ne l'étaient pas sur les autres chaînes.

Points forts :
- exclusivité de nombreuses compétitions (volley, beach-volley, finale de baseball, etc...)
- meilleur temps d'exposition de certaines autres : judo, boxe, escrime.
- temps de plateau fortement réduit (par rapport à Canal+ et France2).
- commentateurs Canal : Delcourt/Bouttier (boxe), Rey/Douillet (judo), Emilie Le Pennec (gymnastique). Et les "invités" sur certaines épreuves : Bixente Lizarazu et David Douillet.

Points faibles :
- les "pages sponsors" omniprésentes (cf. paragraphe Canal+).

Publicité : ultra-chiante, malgré le nombre restreint de minutes au total (cf. paragraphe Canal+).

France2


La retransmission des Jeux Olympiques (ou d'autres compétitions comme les Championnats du Monde) sur France2/France3 est automatiquement et obligatoirement "handicapée" par le contrat implicite de "service public" : ils se doivent de montrer TOUS les français(es) engagé(es).
Dès lors, étant donné l'importance de la délégation française, cela ne peut que se traduire en un incessant "zapping" entre les différentes compétitions, ce qui donne un côté "franco-français" à quelque chose qui devrait pourtant être international.
A ce sujet, j'aimerai bien voir comment est réalisé la couverture de l'évènement dans un "petit" pays, avec peu d'athlètes engagés. Ou à l'inverse, la couverture américaine (ce qui est déjà limite avec la France doit être tout simplement impossible pour les Etats-Unis).

Malgré cette contrainte initiale, France2 s'en tire plutôt honorablement. En effet, plutôt que de pousser la recherche du direct à tout prix, ils n'ont pas hésité de temps en temps à proposer de légers différés afin de pouvoir mieux suivre certaines épreuves (exemple type : la finale de canoë-kayak diffusée "normalement", c'est à dire complète, et non tronquée comme sur Canal+).
Bonne idée également d'utiliser leurs deux canaux simultanément pour pouvoir suivre en continuité certaines longues épreuves du matin : cyclisme sur route et marathon.

En ce qui concerne les émissions du soir, si celle animée par Gérard Holtz était à fuir comme la peste, en revanche la suivante ("Un jour à Pékin") était plutôt intéressante (sauf leurs jingles séparant les séquences, marrants la première fois mais énervants à force).

Points forts :
- les interviews de Nelson Monfort (surtout avec les français, pour les étrangers en revanche c'est toujours aussi risible, cf. les Guignols).
- certains commentateurs : Laurent Jalabert pour le cyclisme sur route, Patrick Montel pour l'athlétisme (un peu "too much" parfois, mais on a l'habitude).

Points faibles :
- le côté franco-français exacerbé.
- les commentaires souvent exagérés (ce n'est pas en criant plus fort que les commentaires sont meilleurs).

Publicité : normale.

Canal+


A Atlanta en 1996, Canal+ avait décidé de consacrer entièrement son antenne aux Jeux Olympiques (24/24). A l'époque sans aucune publicité (sauf quelques pages pendant les périodes en clair). Ce furent les meilleurs Jeux Olympiques jamais diffusés en France.
Mais dès 2000, la chaîne se voulant plus "généraliste", les choses avaient changé. Et en 2004 à Athènes on avait touché le fond...
En 2008, malgré le changement de direction aux sports, Canal+ n'a pas fait mieux, reproduisant les mêmes erreurs qu'il y a 4 ans.

Contrairement à France2 (les contraintes imposées, évoquées plus haut), Canal+ pourrait très bien proposer un traitement original des Jeux Olympiques. Quel est l'intérêt de faire EXACTEMENT ce que fait France2 ? (à savoir un "zapping" entre les français)
Dans 90% des cas, les MEMES EPREUVES étaient diffusées sur France2 et Canal+ simultanément. Où est le choix proposé au téléspectateur (payant d'autant plus..) ?
Heureusement, Canal+ Sport était là (pour ceux qui ont le satellite), mais l'intérêt de la chaîne premium était quasi-nul (pas tout à fait nul néanmoins, car sur certaines épreuves les commentateurs Canal étaient largement meilleurs que sur France2).

Mais il y a mieux : non seulement ils font la même chose que France2, mais en plus ils le font EN PIRE !!
Le concept du "zapping à tout va" est poussé à l'extrême sur Canal+ : on n'hésite pas à couper la parole aux commentateurs dès la fin pour aller sur une autre compétition (et même après une victoire française, ce qui nous prive totalement des moments de joie), on va sur une compétition juste pour voir la balle de match (totalement inutile..), on n'arrête pas de demander aux commentateurs sur place "à quelle heure passe le français ?", on zappe plusieurs fois "pour faire le point...",... Bref, c'est un ENFER...
AUCUN RESPECT DU SPORT ET DES SPORTIFS !!! (ce qui est un comble pour une chaîne qui, il n'y a pas si longtemps, se disait la chaîne du sport...)

En 2004, il y avait pour Canal deux reproches majeurs (en plus du zapping évoqué ci-dessus) :
- la "non-mise en conformité" de la grille par rapport aux horaires JO.
- la publicité sous forme de "pages sponsors", omniprésente y compris dans les périodes cryptées.

Le premier point concernait le fait que Canal n'avait pas décalé sa grille en fonction du décalage horaire (1 heure) avec la Grèce. Résultat : alors que les compétitions commençaient à 7h heure française, Canal commençait ses retransmissions à 8h pour ne pas changer sa grille (dessins-animés à 7h...).
Avec le décalage plus important pour la Chine, ce point n'est plus d'actualité cette année. Mais le concept "plage en clair/plage cryptée" n'a pas disparu : entre 7h et 9h, et entre 12h et 14h, il y avait sur Canal ENORMEMENT de plateau et peu de sport.
Les "télé-JO" (récapitulatifs d'évènements) à répétition (genre toutes les demi-heures) étaient vraiment GONFLANTS...

Quant au deuxième point : bis-repetita...
Les "pages sponsors" (2 sponsors de 10 secondes, toujours les mêmes, 200 fois par jour...) s'enchaînent sans cesse tout au long de la journée.
BIEN PLUS ENERVANTE qu'une "vraie" page de pub (comme sur France2 ou Eurosport), ce genre de coupure publicitaire est rapidement devenue un signal pour zapper sur une chaîne concurrente (note: ce fonctionnement publicitaire était malheureusement le même sur Canal+ Sport, pourtant entièrement crypté et censé être exempt de publicité..).

Résultat des deux points précédents : TRES SOUVENT, lorsqu'on zappait sur Canal+, on tombait soit sur le plateau, soit sur de la pub... Très rarement sur du sport...

Points forts :
- commentateurs incontournables pour le judo (Thierry Rey / David Douillet) et pour la boxe (Christian Delcourt / Jean-Claude Bouttier).
- certains interviews en athlétisme.

Points faibles :
- mêmes épreuves que France2 (et mêmes défauts).
- "zapping" incessant et énervant.
- temps de plateau beaucoup trop important (à croire que le sport était secondaire).
- publicité omniprésente et inacceptable pour une chaîne payante.

Publicité : le pire du pire... (le concept "no pub", ici non respecté, étant à l'origine de nombreux abonnements)

Conclusion


Sans surprise, les chaînes sportives "remportent" le classement (Eurosport devant Canal+ Sport), et Canal+ sort grande perdante. En fait, on se demande pourquoi Canal+ ne se contente pas de son canal dédié, peut-être juste une question d'image, mais dans ce cas pourquoi mettre autant de publicité qui ne manqueront pas d'énerver leurs adhérents ?
(notons en plus que bientôt il n'y aura plus d'adhérents en analogique, donc tous les adhérents auront Canal+ Sport).

Pour terminer, petite anecdote :

En prélude à la cérémonie de clôture était diffusée une interview que le président du comité olympique avait accordé à Daniel Billalian, directeur des sports à FranceTélévision.
Ce dernier lui a posé la question (légitime) du décalage des finales de natation au matin afin de servir les intérêts de la télévision américaine NBC.
Jacques Rogge lui a répondu qu'il avait agi en fonction des audiences majeures du continent américain et du poids de la délégation américaine. Et lui a rappelé que cela n'avait pas dérangé les nageurs, puisque de nombreux records avaient été battus (et personnellement, j'ai plutôt apprécié ce décalage, cela donnait un intérêt au matin).
Evidemment, pour France2 ce décalage a été contre-productif : les recettes générées par les écrans publicitaires commercialisés lors des retransmissions de ces Jeux ont atteint 4,4 millions d'euros, pour un investissement de 44 millions d'euros en droits de diffusion, auxquels s'ajoutent 12 millions d'euros de frais de production. L'opération sera donc largement déficitaire pour le groupe audiovisuel public.
Mais le plus surprenant est la question suivante : est-ce que ce genre d'arrangement aura lieu pour Londres 2012 ? (réponse : le décalage horaire sera différent...)

Question doublement idiote :
- premièrement, même si les finales ont lieu le matin, ce sera le matin en France également, pas en pleine nuit comme cette année. Donc le "risque" (éventuel) est moins important.
- mais surtout : Mr. Billalian serait-il amnésique ? Ou bien n'a t-il pas encore intégré dans sa réflexion les conséquences du changement annoncé dans l'audiovisuel public ?
En 2012, il n'y aura PLUS DE PUBLICITE sur France2, Jeux Olympiques ou pas, horaires de nuit ou pas... Donc, quelque soient les horaires, ça ne CHANGERA RIEN à l'affaire : FT sera déficitaire quoi qu'il arrive.
Et si on prend au pied de la lettre le projet gouvernemental, MEME LES AUDIENCES ne seront pas un critère. Alors, Mr. Billalian, pourquoi s'inquiéter ? (pour les concurrents ? qui, eux, sont concernés..)
La preuve que la notion de service public disjointe de celle de rentabilité (intéressante en soi sur le papier, mais à vérifier sur pièces) n'est pas encore entrée dans la tête des principaux concernés.
Avec 40 médailles (7 or, 16 argent, 17 bronze), le bilan de la France dans ces Jeux Olympiques 2008 est mitigé : d'une part le total des médailles est le meilleur depuis 1920 (et correspond de justesse à l'objectif fixé un peu au hasard par la ministre et son secrétaire d'Etat), mais d'autre part le déficit de médailles d'or plombe le classement général des nations, la France terminant seulement à la 10ème place.

Semi-échec


L'objectif initial était d'enrayer la chute française dans le classement des nations : 5ème à Atlanta, 6ème à Sydney, 7ème à Athènes. Finalement la France perd 3 places de plus, à cause du faible nombre de titres (7 seulement, contre 15 à Atlanta, 13 à Sydney et 12 à Athènes), cette 10ème place étant la pire depuis Los Angeles 1984 (12ème).
A noter : il aurait fallu 13 médailles d'or pour accrocher la 7ème place, mais seulement 9 (soit 2 de plus) pour terminer 8ème.

On pourrait évidemment se consoler avec le total des médailles (dans ce classement "secondaire", la France serait 7ème), mais ce serait se voiler la face (un peu comme les américains, mauvais joueurs, qui refusent leur défaite dans le match du haut du classement contre la Chine en ne parlant que du total des médailles...hmm). Heureusement, ce demi-échec est totalement assumé par les responsables français. Ainsi Bernard Laporte a t-il déclaré : "il est clair que nous devons trouver des solutions pour repartir d'un bon pied et envisager de meilleures performances dans 4 ans à Londres", et Henri Sérandour, le président du CNOSF : "le bilan est positif, sans faire cocorico".

Les satisfactions


Même si on retient souvent plus les déceptions, il y a aussi eu de belles performances françaises pendant ces Jeux.

  • Le titre d'Alain Bernard sur 100m nage libre : c'est évidemment LA performance de ces Jeux. Et comme elle était attendue, on peut ajouter la satisfaction pour Alain Bernard d'être parmi ceux qui ont répondu aux attentes (ils sont peu, voir paragraphe "Déceptions"). Notons en plus au crédit du nageur qu'il repart de Pékin avec 3 médailles (1 or, 1 argent, 1 bronze), ce qui est évidemment le meilleur score pour un français.
  • La médaille de bronze de Benoît Caranobe au concours général de gymnastique artistique. Cette médaille inattendue équivaut presque à la médaille d'or d'Emilie Le Pennec aux barres asymétriques obtenue il y a 4 ans, tellement il est difficile de bien figurer au concours général. Rappelons en outre que Thomas Bouhail a remporté l'argent au saut de cheval, donc bons résultats en gymnastique.
  • Natation : dans son ensemble, l'équipe de France de natation fait exactement le même score qu'à Athènes : 1 or, 2 argent, 3 bronze. On peut classer cela dans les satisfactions, si l'on compare par exemple à la chute de disciplines comme l'escrime (par rapport à 2004 et 2000) et le cyclisme sur piste (par rapport à 2000).
  • Boxe : 3 médailles (2 argent, 1 bronze), soit le meilleur résultat depuis 1920. Malheureusement, ces bons points sont également des déceptions... (voir plus bas).
  • Voile : 3 médailles (1 argent, 2 bronze), meilleur résultat depuis 1900. Mais pas de titre, à la différence de 2004.
  • Le renouveau de certaines disciplines qui n'avaient plus ramené de médailles depuis longtemps : haltérophilie (depuis 1976), tir à l'arc (depuis 1992), canoë-kayak en ligne (depuis 1992), skeet (ball-trap) (depuis toujours) et lutte gréco-romaine (premier titre olympique depuis 1924).
  • Les beaux doublés (or / argent) en BMX (F) et VTT (H).
  • La variété des sports médaillés : c'est un peu anecdotique, mais si par exemple les 7 titres olympiques avaient été obtenus par un sportif unique (un Michael Phelps à la française), on aurait critiqué tous les autres sports. Engagés dans 22 sports (sur 28), les français ont obtenu une médaille dans 16 d'entre eux.

Les déceptions


On a souvent été déçu par les français. Probablement parce que les médias avaient un peu trop fait de certains des favoris dans leurs épreuves (ceci dit, certains l'étaient effectivement, objectivement, et n'ont pas été au rendez-vous). D'autre part, le sentiment de déception est renforcé par le fait que l'athlétisme, gros point noir de ces Jeux, était en fin de quinzaine.

  • Les "favoris" : parmi tous ceux pour lesquels on envisageait un titre (ou tout du moins une médaille), beaucoup ont failli, certains ont tenu leur rang.
    - ceux qui ont répondu présent (6) : Julien Absalon (VTT, tenant du titre, renouvelé), sabre masculin par équipes et épée masculin par équipes (toutes deux tenantes du titre, renouvelé pour les deux), Alain Bernard (100m nage libre, favori, titré), Anne-Caroline Chausson (BMX, favorite, titrée) et l'équipe de France de handball masculin (favorite, titrée).
    - ceux qui ont déçu (13) : Mehdi Baala (1500m), Frédéric Belaubre (triathlon), Amélie Cazé (pentathlon), Laure Manaudou (natation), Lucie Décosse (judo, argent quand même), Yohann Diniz (marche), Franck Dumoulin (tir), Tony Estanguet (canoë slalom, tenant du titre), Laura Flessel (escrime), Faustine Merret (planche à voile, tenante du titre), Jérôme Thomas (boxe), Nicolas Touzaint (équitation), Teddy Riner (judo, bronze quand même).
  • Les femmes : 1 titre (sur 7), et seulement 7 médailles féminines au total (sur 40).
  • L'équitation : mais c'est une vraie scoumoune qui s'est abattue en série sur l'équipe de France...
  • La boxe : même si les médailles sont là, le métal aurait pu être meilleur sans les erreurs d'arbitrage qu'ont du subir les 3 français à partir des demi-finales.
  • Les médailles "en chocolat" : à 14 reprises, la France a échoué au pied du podium (c'est à dire une place de 4ème). C'est en particulier le cas en judo (3 fois) et en lutte (3 fois).
  • L'athlétisme : même si l'athlétisme n'est pas vraiment une spécialité française, on arrive cependant à se placer régulièrement dans les finales, et parfois à décrocher de belles médailles (3 en or en 1996, 2 en bronze en 2004). Cette année, à part la médaille d'argent de Mahiedine Mekhissi-Benabbad (3000m steeple) et les 4ème places de Mehdi Baala et Ladji Doucouré, on n'a pas vu grand-chose (sur les 47 épreuves de l'athlétisme). C'est surtout l'état d'esprit des athlètes (et de leurs entraîneurs) qui a été remis en cause, certains préconisant une profonde refonte de tout le système. Il faudra se presser : les prochains Championnat du Monde ont lieu dès l'année prochaine (Berlin 2009).

Tableau des médaillés


Voici le tableau complet des médailles françaises dans ces Jeux Olympiques Pékin 2008 :

Or (7)
CyclismeBMX (F)Anne-Caroline Chausson
VTT (H)Julien Absalon
EscrimeEpée par équipes (H)Fabrice Jeannet, Jérôme Jeannet, Ulrich Robeiri
Sabre par équipes (H)Nicolas Lopez, Julien Pillet, Boris Sanson
HandballHommesFrance
LutteGréco-romaine, - 66 kg (H)Steeve Guenot
Natation100m nage libre (H)Alain Bernard
Argent (16)
Athlétisme3000m steeple (H)Mahiedine Mekhissi-Benabbad
Boxe- 57 kg (poids plume)Khedafi Djelkhir
- 60 kg (poids léger)Daouda Sow
Canoë-kayakSlalom kayak monoplace, K1 (H)Fabien Lefèvre
CyclismeBMX (F)Laëtitia Le Corguillé
Vitesse sur piste par équipes (H)Grégory Baugé, Kévin Sireau, Arnaud Tournant
VTT (H)Jean-Christophe Péraud
EscrimeEpée (H)Fabrice Jeannet
Sabre (H)Nicolas Lopez
GymnastiqueSaut de cheval (H)Thomas Bouhail
Haltérophilie- 69 kg (H)Vencelas Dabaya
Judo- 66 kg (H)Benjamin Darbelet
- 63 kg (F)Lucie Decosse
Natation50m nage libre (H)Amaury Leveaux
Relais 4x100m nage libre (H)Amaury Leveaux, Fabien Gilot, Frédérick Bousquet, Alain Bernard
VoilePlanche à voile (H)Julien Bontemps
Bronze (17)
AvironQuatre de couple (H)Julien Bahain, Pierre-Jean Peltier, Cédric Berrest, Jonathan Coeffic
Quatre sans barreur (H)Germain Chardin, Julien Despres, Benjamin Rondeau, Dorian Mortelette
Boxe- 64 kg (poids super léger)Alexis Vastine
Canoë-kayakEn ligne, kayak biplace K2 500m (F)Marie Delattre, Anne-Laure Viard
CyclismeSur piste, vitesse individuelle (H)Mickaël Bourgain
GymnastiqueConcours général (H)Benoît Caranobe
Judo- 78 kg (F)Stéphanie Possamaï
+ 100 kg (H)Teddy Riner
LutteGréco-romaine, - 74 kg (H)Christophe Guenot
Natation50m nage libre (H)Alain Bernard
100m brasse (H)Hugues Duboscq
200m brasse (H)Hugues Duboscq
Taekwondo- 67 Kg (F)Glawdys Epangue
TirPlateaux, skeet (H)Anthony Terras
Tir à l'arcEpreuve par équipes (F)Virginie Arnold, Sophie Dodemont, Bérengère Schuh
Voile470 (H)Olivier Bausset, Nicolas Charbonnier
Finn (M)Guillaume Florent
Retour sur quelques évènements ou images qui n'ont pas été commentés pendant la période des compétitions (à peu près dans l'ordre chronologique).

  • Tricheries :
    Une certaine polémique est née quelques jours après l'ouverture des Jeux lorsque l'on a appris les dessous cachés de la cérémonie d'ouverture.
    - la petite fille chantait en play-back : sérieusement, pas de quoi en faire tout un plat. N'importe quel organisateur, dans n'importe quel pays, aurait fait la même chose : on ne peut pas raisonnablement prendre un risque de "trou" dans une cérémonie de cette importance, d'autant plus quand le moment en question repose sur une petite fille de 5 ans (ce n'est pas un professionnel ayant l'habitude de la scène), seule en scène pendant sa chanson. En revanche, le fait d'avoir présenté EN PLUS une autre petite fille que l'interprête originale (parce que cette dernière n'était pas assez "mignonne") est beaucoup plus criticable.
    - les "pas de géant" enregistrés et non filmés en direct : là, c'est vrai que c'est dommage, parce que cet effet qui débutait la cérémonie était vraiment impressionnant et original, le fait que ça soit truqué casse un peu la magie. Les organisateurs ont expliqué que suivre la progression des feux d'artifices au-dessus de la ville pouvait être dangereux pour l'hélicoptère censé filmer la scène (et assez difficile à faire pour vraiment donner l'effet voulu, c'est à dire un géant qui marchait sur la ville, il fallait en effet avoir la bonne vitesse et la bonne orientation de la caméra), et qu'ils voulaient en outre se protéger d'une éventuelle météo capricieuse. Ils ont donc filmé le parcours avec l'hélicoptère SANS les feux d'artifices, qu'ils ont ensuite rajoutés numériquement à l'aide d'images de synthèse. Bon, c'est dommage, mais là encore on peut aussi comprendre les organisateurs (note: les "pas de géant" ont néanmoins bien été tirés dans la ville, c'est juste que la séquence que l'on a vu n'était pas filmée en direct).
    - les différentes ethnies : le groupe d'enfants censés représenter toutes les ethnies de la Chine n'étaient pas originaires de l'ethnie qu'ils représentaient. N'importe quoi !! A force de chercher la petite bête, les journalistes en arrivent à critiquer tout ce qu'ils voient. C'était juste un tableau pour symboliser les ethnies, point barre, il faut arrêter de voir le mal partout.
  • Record d'audience :
    Le premier soir des Jeux avait lieu le match Etats-Unis / Chine en basket. Malgré le peu d'importance sportive du match (premier match de poule), c'était l'occasion de voir la star chinoise de la NBA, Yao Ming, opposé à ses collègues américains (et symbolisait en plus le début du duel entre les deux pays pour le record de médailles). L'heure de la programmation était très favorable : prime-time en Asie, fin d'après-midi en Europe et fin de matinée en Amérique (mais week-end, donc visible en direct). Résultat, les chinois étant de plus très friants de basket, ce match est devenu la plus forte audience télévisuelle de l'histoire (bien au-dessus d'un Super Bowl ou d'une finale de Coupe du Monde de football par exemple).
  • Bisous :
    La russe (2ème) et la géorgienne (3ème) qui s'embrassent sur le podium du tir au pistolet. Comme quoi les sportifs sont parfois plus intelligents que les dirigeants de leurs pays respectifs (à noter que cela avait lieu le deuxième jour des Jeux, soit au plus fort des combats)...
  • Aie... :
    L'haltérophile hongrois (je crois..) qui se tord littéralement le bras (en fait, coude déboité) et manque de se faire écraser par sa barre. On a mal pour lui...
  • Parfait :
    Le plongeon impressionnant des deux chinois, en synchronisation parfaite (et les images n'étaient pas truquées). Les juges eux-mêmes ont été séduits puisqu'ils leur ont attribué la note maximale, 10/10.
  • Domination (1) :
    L'insolente domination des Britanniques en cyclisme sur piste : 12 médailles, dont 7 en or, en 10 compétitions, du jamais vu. A elle seule, cette discipline permet d'expliquer le résultat final historique de la Grande-Bretagne à Pékin : 4ème nation, meilleur total depuis 1908 (l'autre discipline où ils ont particulièrement brillé étant la voile). Comme quoi on peut être bien classé en se concentrant sur quelques sports : au contraire, les français mettent en avant le fait qu'ils s'illustrent sur de nombreuses disciplines (16), mais n'ont pas remporté plus de titres que les anglais sur une seule...
  • Domination (2) :
    En gymnastique, c'est la Chine qui a fait très fort (mais aussi sur d'autres sports comme le plongeon ou le tennis de table) : les chinois ont remporté 7 titres et les chinoises 2. Ensemble, ils ont raflé le tiers des médailles (14 sur 42 distribuées).
  • Très fort(e) :
    Avalanche de records du monde dans les plus grosses catégories en haltérophilie. Chez les femmes (75 kg), la sud-coréenne Miran Jang écrase le concours en soulevant 140 kg à l'arraché (record du monde) et 186 kg à l'épaulé-jeté (record du monde), soit un total de 326 kg (record du monde, forcément). Mais ce qui est encore plus surprenant c'est qu'elle DEBUTE son concours (première barre) alors que TOUS ses adversaires ont déjà fini ! D'ailleurs l'écart avec la seconde est surréaliste : 124 / 153 / 277 !!
    Chez les hommes (105 kg), c'est un peu la même chose (mais l'écart avec le deuxième est moins remarquable) avec le biélorusse Andrei Aramnu : 200 / 236 / 436, 3 records du monde.
  • Généreux :
    Usain Bolt a offert un chèque de 50 000 dollars pour les victimes du tremblement de terre au Sichuan.
  • Chute :
    La chute impressionnante du français dans l'épreuve d'équitation du pentathlon moderne. Après avoir buté sur deux obstacles successifs, le cheval s'est pris les pattes avant dans une des barres qui étaient tombées, et a plongé la tête la première sur le sol. Tentant de se relever, le cheval a donné un coup de sabot involontaire au pauvre cavalier français empêtré sous lui, le touchant au visage. Une fois dégagé, le français a tenu à remonter à cheval pour se présenter au centre du terrain afin de saluer les juges, alors que le sang dégoulinait sur son visage.
  • Bizarre :
    Les derniers jours étant l'occasion de voir des compétitions moins médiatisées que les autres, j'ai vu la dernière demi-heure de la finale de hockey sur gazon, un des sports que l'on ne voit QUE pendant les Jeux Olympiques. Première surprise, le match opposait l'Allemagne (qui pour la petite histoire s'est imposée 1-0) à l'Espagne, alors que j'attendais plutôt des pays plus "exotiques". Deuxième interrogation : pourquoi donc les crosses sont-elles aussi courtes, obligeant les joueurs à courir penchés en avant ? Ils doivent vraiment avoir mal au dos à la fin du match. Bizarre comme sport...
  • Records :
    Au total, tous sports confondus, 32 records du monde ont été battus : depuis les Jeux de Munich, en 1972, on n'avait pas vu un tel score.
  • Pas vu... :
    Il y avait 28 sports différents. Mais en séparant logiquement certains sports en plusieurs disciplines qui n'ont rien à voir entre elles (par exemple cyclisme = 4 disciplines : route, piste, BMX, VTT; ou gymnastique = 3 disciplines : artistique, rythmique, trampoline), on obtient 41 disciplines distinctes.
    Sur ces 41, il n'y en a que deux dont je n'ai pas vu au moins quinze minutes durant ces Jeux : le tennis (seulement quelques balles de match) et le water-polo (rien du tout, la faute à Canal+ qui devait retransmettre la finale en différé le dernier jour et qui ne l'a pas fait).
Clôture des Jeux Olympiques Pékin 2008
(Reuters)
Les Jeux Olympiques de Pékin 2008 ne sont donc terminés dimanche soir par la traditionnelle cérémonie de clôture.

Cérémonie de clôture


L'occasion d'un nouveau spectacle haut en couleurs, certes moins impressionnant que la cérémonie d'ouverture, mais qui réservait tout de même son lot de surprises et d'émotion. A noter que contrairement à la cérémonie d'ouverture, dont les journalistes avaient vu la répétition et qu'ils connaissaient donc à l'avance, celle de clôture ne pouvait être répétée puisque le stade était pris par les compétitions d'athlétisme jusque tard dans la nuit chaque soir de la dernière semaine.
Du coup, ils découvraient la cérémonie en même temps que les télespectateurs et étaient BIEN MOINS BAVARDS, ce qui n'est pas plus mal : après tout, c'est pas bien important de savoir la signification de tel ou tel tableau ou le nombre de figurants utilisés pour réaliser telle ou telle figure. C'était juste beau et se passait de commentaires.

Clôture des Jeux Olympiques Pékin 2008
(Panoramic)
Après quelques tableaux qui ont démontré une nouvelle fois l'aptitude des chinois à utiliser un grand nombre de volontaires parfaitement synchronisés, les traditionnels discours de clôture et de remerciements, le remplissage du terrain par les athlètes (en tout cas ceux qui étaient restés), le passage de témoin au maire de Londres, organisateur des prochains Jeux en 2012, a eu lieu l'extinction de la flamme olympique. Une extinction que l'on attendait plus spectaculaire. Mais c'est après que venaient les meilleurs moments.

Deux moments étaient particulièrement intéressants dans cette cérémonie.
La présentation du prochain organisateur tout d'abord : traditionnellement, la prochaine ville hôte des Jeux est responsable d'une partie de la cérémonie pour présenter sa ville et son pays, avec évidemment tous les clichés symbolisant ce pays pour le reste du monde. Dans le cas présent, on a donc eu le droit aux parapluies et aux chapeaux melons..
Et c'est bien évidemment le symbolique "bus à impériale" que les anglais ont choisi pour être le centre de cette présentation. Un bus un peu spécial, "à tiroirs", sur le toit duquel un petit spectacle a été organisé (avec en particulier Jimmy Page, le légendaire guitariste de Led Zeppelin), et à l'issue duquel le footballeur David Beckham (qui semble particulièrement apprécié par le public chinois) a d'un tir lancé les futurs Jeux Olympiques de Londres.

L'autre grand moment était après l'extinction de la flamme et après que l'écran géant (le fameux 360° en haut du stade) ait résumé l'ensemble des compétitions de la quinzaine.
Une gigantesque armature en forme de tour ("Tour de la mémoire") était érigée au centre du stade, recouverte d'un immense voile qui s'ouvrait en plusieurs longs pans (cf. photos).
Sur cette tour, plusieurs centaines de figurants s'accrochaient ensuite en exécutant plusieurs figures animées (flamèches symbolisant le feu olympique, rosaces, ...). Un spectacle vraiment grandiose.

Clôture des Jeux Olympiques Pékin 2008
(Reuters)
Evidemment plusieurs feux d'artifice au-dessus du stade ponctuaient l'ensemble de la cérémonie.

Bravo "Beijing 2008" !!

Rendez-vous en 2012 à Londres...

Bilan de l'organisation


Bien sûr, ces Jeux Olympiques resteront dans les mémoires grâce à deux performances sportives d'exception : les 8 médailles d'or de Michael Phelps en natation, et les titres d'Usain Bolt sur 100m et 200m en sprint, associés tous deux d'un record du monde (le titre et le record en relais passant au second plan). Et du côté français, par le titre olympique d'Alain Bernard sur la distance reine de la natation, le 100m nage libre.

Clôture des Jeux Olympiques Pékin 2008
(Panoramic)
Mais en dehors de ces exploits sportifs, ces Jeux auront également été une réussite sur le plan de l'organisation chinoise.

Côté infrastructures, les Jeux de Pékin ont été ceux de la démesure totale : des constructions sportives magistrales et originales (le stade du "Nid d'Oiseau", le "Water Cube" de natation), un parc olympique surdimensionné (six fois plus grand que celui d'Athènes), un réseau de transports facilité (nouvelles lignes de métro, circulation très réglementée, lignes de bus spéciales, nouveau terminal d'aéroport gigantesque, le plus grand au monde..).
Et tout a été terminé à temps, pas comme à Athènes il y a 4 ans, où certains ouvriers travaillaient encore le jour de la cérémonie d'ouverture..

Tout cela pour un coût faramineux : si le chiffre officiel s'établit autour de 26 milliards de dollars, certains parlent de 40 milliards, soit la moitié de l'ensemble des budgets réunis depuis les Jeux de Montréal en 1976 !! Les Jeux de Pékin resteront pour TRES longtemps les Jeux les plus chers de l'histoire (un pays occidental ne peut raisonnablement pas aujourd'hui dépasser 10-15 milliards).
Reprenant à son compte une célèbre réplique de film ("j'ai dépensé sans compter"), la Chine a tout fait pour que l'image donnée lors de ces Jeux soit parfaite, le spectaculaire et l'organisation sans faille permettant d'étouffer, au moins pour un temps, les critiques formulées avant les compétitions (droits de l'homme, Tibet).

Clôture des Jeux Olympiques Pékin 2008
(Panoramic)
Dès la cérémonie d'ouverture, l'organisation s'est donc montrée irréprochable : spectacle grandiose réglé au millimètre, déroulement des compétitions sans heurts (hormis le seul couac : le dernier vendredi perturbé par une pluie dilluvienne, assez mal géré, certains volontaires tentant d'essuyer la piste avec des serviettes alors que des machines existent pour ce genre de travail..), public passionné et enthousiaste, bénévoles par milliers...
(quant aux multiples erreurs d'arbitrage signalées en boxe et en taekwondo, elles ne sont pas du fait des chinois, mais plutôt à cause du système de notation en vigueur).

Tout cela serait donc parfait, s'il n'y avait pas aussi quelques "côtés sombres", aperçus en marge des images officielles (grâce à des journalistes qui ont profité de leur accréditation pour sortir un peu du village olympique) :

- pour lutter contre la pollution (efficacement d'ailleurs, puisque l'air de Pékin n'avait plus été aussi pur depuis plus de 20 ans), toutes les usines autour de la capitale ont été fermées. Résultat : des milliers de travailleurs pauvres se sont retrouvés au chômage et ont été contraints de retourner dans leur campagne.

- pour donner une meilleure image, la ville a été totalement aseptisée de force : des immeubles ont été cachés parce que jugés "non conformes" (et recouverts d'immenses bâches vertes), des habitations ont mêmes été murées, toute une partie de la population (en particulier les mendiants et les prostituées) a été déclarée "persona non grata" et invitée à rester chez eux ou à quitter la ville, au total près d'un million de personnes auraient été expulsées pour servir cette "image parfaite"...
Contrairement à ce que les horaires français peuvent laisser suggérer, cette dernière journée est une journée complète à Pékin, ou presque. Les dernières finales (handball et water-polo) vont se terminer vers 17h30 heure locale et la cérémonie de clôture a lieu à 20h.
Il y a juste un peu moins de compétitions différentes, principalement des sports collectifs (matchs de classement et finales), plus les dernières finales de boxe et le marathon.

Marathon : Je n'avais pas l'intention de regarder, mais un mauvais réglage a fait que j'étais levé pour le début, et donc...
Débuté à la fraîcheur du petit matin (7h30 heure locale), cette compétition était néanmoins très crainte par les observateurs avant le début des Jeux : chaleur, humidité, pollution, ... Tout cela faisait peur à tout le monde. Pourtant, la semaine dernière les femmes avaient bien résisté, mais il ne faisait pas beau ce jour-là, et même si la chaleur était présente, elles n'avaient pas eu au moins à subir les rayons directs du soleil.
Ce matin il faisait beau, 24°C au début mais en augmentation sur les 2 heures. Et dès le début, la course est partie sur un rythme étonnant. Les commentateurs avaient des réactions diamétralement opposées selon les chaînes : sur Canal+, on disait "ils sont fous", "il va y avoir des défaillances", "les conditions sont affreuses"... Sur France2, on disait "il fait frais", "le ciel est clair", "les conditions sont idéales"... rigole
Progressivement, chacun est devenu moins affirmatif, dans un sens comme de l'autre, et à la fin de la course tout le monde était enfin d'accord : les conditions étaient difficiles pour les athlètes les moins bons, mais tout à fait surmontables pour les meilleurs.

L'éthiopien Haïle Gebreselassie, préférant s'aligner sur le 10000m alors qu'il possède la meilleure référence historique sur marathon (2h04'26), a sans doute dû regretter son choix : il avait déclaré que ce serait "un suicide" de disputer ce marathon. Force est de reconnaitre que la pollution ou l'humidité qu'il craignait n'a en rien entamé les meilleurs tellement le rythme a été élevé. Au 10ème km, les 30 premiers étaient encore sur les bases du record du monde, prouvant que le rythme général n'était pas le fait de quelques "fous" partant trop vite.

A la mi-course, un groupe de cinq coureurs (Wanjiru, Gharib, Merga, Lel, Kifle) se détache. Ceux qui préféraient rester un peu en retrait en attendant une défaillance se sont trompés, car à part Kebede qui a réussi une belle remontée sur la fin, personne ne reviendra sur ce groupe, et parmi les 5, quatre termineront aux 5 premières places (seul Kifle a craqué).
Petit à petit, le podium se décide entre les cinq, mais il faut attendre la énième accélération du kenyan Samuel Wanjiru entre le 35ème et le 40ème km pour faire enfin la différence. Tandis que le marocain Jaouad Gharib, champion du monde 2003 et 2005, parvient à suivre à quelque distance, l'éthiopien Deriba Merga commence à marquer le pas mais reste en lice pour le bronze.
Dans le stade, Samuel Wanjiru, établissant un nouveau record olympique en 2h06'32 (soit presque 3 minutes de mieux que l'ancien record ! et à environ 2 minutes du record du monde !), garde finalement 44 secondes d'avance sur Jaouad Gharib. La médaille de bronze se joue alors dans le dernier tour de stade, entre éthiopiens : en difficulté depuis 3-4 kilomètres, Deriba Merga se bat au courage, courant presque au ralenti. Derrière, son compatriote Tsegaye Kebede fond sur lui et le passe à 200 mètres de l'arrivée !
Titubant, Merga franchit en marchant la ligne d'arrivée, conservant de justesse (pour 3 secondes) la quatrième place devant l'autre animateur de la course, le kenyan Martin Lel. Le premier européen est 6ème avec le suisse Viktor Rothlin, quant au français Simon Munyutu, dans le coup jusqu'à la mi-course (environ 20ème), il termine finalement 57ème.

Boxe : Daouda Sow était opposé à un sérieux adversaire en la personne du russe Alexey Tishchenko, tenant du titre et champion d'Europe de la catégorie. Mais après son exploit en demi-finale contre le cubain, on pouvait croire que l'outsider allait une nouvelle fois créer la surprise.
Mené d'une touche au premier round, le français arrive à mi-combat sur le score de 4-7. Grâce à un bon troisième round, il revient légèrement à 8-10, puis à une touche dans le quatrième (9-10). Mais le russe s'accroche dans la fin du combat, à la limite de l'anti-jeu, et finit même par toucher à quelques secondes de la fin, remportant le titre 11-9.
Le français, que l'on n'attendait pas à ce niveau, se contente d'une belle médaille d'argent. Et le clan français termine le tournoi de boxe avec 3 médailles (1 bronze, 2 argent), ce qui n'est plus arrivé depuis Anvers 1920.

Les dernières finales de boxe étaient également très importantes pour la Chine : ils restaient à une unité de leur objectif dans ces Jeux...
Heureusement, le tableau de marche a bien été respecté : dès la première finale (-48 kg) Shiming Zou apporte à la Chine sa 50ème médaille d'or, les dirigeants peuvent être contents. Le reste sera du bonus : Xiaoping Zhiang (81 kg) permet de dépasser le total, et enfin Zhilei Zhang chez les super-lourds (+ 91kg) se contente de l'argent mais permet à la Chine de terminer leurs Jeux Olympiques sur un nombre rond : 100 médailles !!
Résultat final des médailles chinoises : 51 or, 21 argent, 28 bronze.
(Note : je reviendrai sur le tableau des médailles dans un futur article dédié à cela...)

Enfin, ce tournoi de boxe de Pékin restera historique (dans le mauvais sens) pour Cuba : traditionnellement grande nation de cette discipline, Cuba n'a eu aucun titre olympique cette fois, une première !! Et ce, malgré 8 cubains en demi-finales...

Volley-ball (H) : Enorme surprise !!
Pourtant tenant du titre et double champion du monde, le Brésil doit se contenter de la médaille d'argent. Ils ont été dominés 3 sets à 1 par les Etats-Unis, dont c'est le premier titre olympique depuis Séoul 1998.

Basket (H) : Superbe finale !! De très loin la meilleure finale de tous les sports collectifs hommes et femmes confondus.
Incapable de remporter un seul titre en tournoi mondial depuis huit ans (c'était aux Jeux de Sydney face à la France, depuis ils ont tout perdu, 2 championnats du monde et Jeux d'Athènes), l'équipe des Etats-Unis, appelée "Team USA", est surnommée "Redempt Team" (rédemption) aux USA, preuve que la pression était particulièrement forte sur ces Jeux.
Finalement, ils arrivaient invaincus en finale, dominant largement leurs adversaires de plus de 20 points à chaque fois. Mais en face ce sont les champions du monde, l'Espagne, qui se dressaient sur la route de LeBron James, Kobe Bryant et autres stars NBA. Et le fait que les espagnols aient été battus en phase de poule par les américains ne signifiait pas grand chose à l'heure de la finale.

Dès le premier quart-temps, le match part sur de bonnes bases, avec un festival offensif des deux côtés. Grâce en particulier à un excellent Dwyane Wade (27 points dont 21 en première mi-temps) les américains terminent ce premier quart avec 7 points d'avance (38-31, un score total déjà exceptionnellement haut pour un seul quart-temps).
Si au début du deuxième quart-temps l'écart passe dangeureusement la barre des 10 points, les espagnols réagissent bien avec des tirs à 3 points et restent au contact à la mi-temps (69-61, score qui aurait pu être le score final d'un match "normal" aux Jeux...).
Le troisième quart-temps et surtout le début du quatrième est alors l'occasion d'un véritable show espagnol : non seulement ils marquent des points, mais en plus avec la manière : sky hoop, alley hoop, tear drop, poster dunk, tout y passe ! Pau Gasol en particulier se met en valeur et le spectacle espagnol permet à ceux-ci de revenir à deux petits points à moins de 5 minutes de la fin !!
A 2'20", il y a encore que 4 points d'écart, et on commence à se dire que le suspense sera total jusqu'au bout. Mais grâce à quelques actions d'éclat des américains, en particulier de Kobe Bryant à 3 points, les Etats-Unis reprennent quelques points. Les dernières secondes étant émaillées de quelques fautes inutiles de la part des espagnols, peut-être frustrés d'échouer si près, le score final ne reflète pas vraiment le match : 118-107.

Les Etats-Unis reprennent donc la médaille d'or, l'Espagne est médaille d'argent, et dans la petite finale, l'Argentine a remporté la médaille de bronze face à la Lituanie.

Handball (H) : 24 ans après les footballeurs à Los Angeles, les handballeurs apportent à la France un titre olympique dans un sport collectif.
Les français se présentaient invaincus et largement favoris devant l'Islande, qui réalisait comme la France la meilleure performance de leur histoire en parvenant en finale.
Le match n'aura vraiment duré qu'une petite dizaine de minutes. Dès le début, on a vu que l'Islande ne serait pas au niveau d'une équipe de France très sereine. A la mi-temps, il y avait 5 buts d'écart, mais il y a longtemps que l'on s'était désintéressé de ce match fade, sans suspense. D'autant plus qu'en face il y avait la fin d'une finale, elle, légendaire (voir ci-dessus).
Sans surprise, la France s'impose donc 28-23.
Note : je ne remets pas en cause le véritable exploit que constitue ce titre olympique pour la France, mais très clairement il était difficile de s'emballer pour ce match, très inférieur en qualité et en émotion à la demi-finale ou même au quart de finale des femmes.

La dernière médaille d'or (302ème) de ces Jeux (ou à égalité avec le water-polo qui se déroulait en même temps) revient donc à la France...
Qui termine 10ème au classement (rappel : article à suivre dans quelques jours) avec 7 titres et 40 médailles au total.

Place à la cérémonie de clôture et aux bilans (à suivre les jours prochains)...
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Encore un doublé !  (23-08-2008)

Décidemment les "autres" catégories du cyclisme réussissent bien aux français. Si le cyclisme sur route et le cyclisme sur piste n'ont pas été bons (1 médaille d'argent quand même sur piste, mais loin de la domination d'il y a quelques années), en revanche, après le doublé réalisé hier chez les femmes en BMX, la France s'offre un nouveau doublé aujourd'hui, chez les hommes en VTT !!

La grande compétition de ce matin était effectivement le VTT (ou cyclisme cross-country).

Tout d'abord chez les femmes, c'est l'allemande Sabine Spitz qui a remporté l'épreuve, alors que la française Laurence Leboucher n'a pris que la 17ème place, à 15'44 de la première.

Mais c'est incontestablement l'épreuve masculine que l'on attendait vraiment. En effet, le champion olympique en titre (et quadruple champion du monde), Julien Absalon, était grand favori et deux autres français étaient engagés dans la course.

C'était les suisses Sauser, Vogel et Schurter, qui s'étaient illustrés cette année au championnat du monde, qui étaient les adversaires privilégiés du français. Ils partaient d'ailleurs en tête, contrôlés par Julien Absalon. Au milieu du 2ème tour de cicuit (sur 8), le français portait une attaque violente et réfléchie (dans la plus forte pente, à près de 30%, juste avant une descente très technique) et prenait seul la tête de quelques dizaines de secondes.
Et progressivement, l'écart augmentait, démontrant la supériorité du français. Quant à son compatriote Jean-Christophe Peraud, d'abord suivant les suisses sans se fatiguer, il attaquait à son tour, si bien qu'après 5 tours on avait deux français en tête : Julien Absalon avait environ 1 minute d'avance sur Jean-Christophe Peraud et 2'30 sur un duo suisse en bataille pour la médaille de bronze.
Dès lors, seule une chute, toujours possible sur ce circuit très exigeant, ou un coup de chaleur (toujours ces conditions météo infernales à Pékin) pouvait empêcher un incroyable doublé. Une petite faute du leader nous donnait d'ailleurs quelques frayeurs.

Finalement, Julien Absalon conserve son titre olympique acquis à Athènes (ce qui le place d'emblée parmi seulement quelques sportifs français ayant réalisé cet exploit), et Jean-Christophe Peraud assure l'argent (à 1'07") devant le suisse Nino Schurter (à 1'53"). Cédric Ravanel, 3ème français engagé, prend une honorable 15ème place.

A noter que parmi les français qui étaient largement favoris dans leur discipline avant le début des Jeux, seuls 2 ont vraiment répondu présent au jour J : Alain Bernard et Julien Absalon...

Autres compétitions :

Canoë / Kayak : Que de regrets pour Mathieu Goubel sur la finale du C1 500m ! Pour trois dixièmes, le français termine au pied du podium d'une course remportée haut la main par le russe Maxim Opalev, déjà vainqueur du bronze à Athènes et de l'argent à Sydney. L'espagnol David Cal et l'ukrainien Iurii Chebvan complètent le podium.
Quelques minutes après, nouvelle déception pour Vincent Lecrubier et Sébastien Jouve en K2 500m, seulement 7èmes. L'Espagne est sacrée à la surprise générale devant l'Allemagne et la Biélorussie.
Mais la France ne repartira finalement pas bredouille des compétitions de canoë/kayak en ligne : les françaises Marie Delattre et Anne-Laure Viard ont en effet décroché le bronze en K2 500m. La Hongrie et la Pologne ont terminé devant.

Boxe : Khedafi Djelkhir n'a pas pesé lourd face à l'ukrainien Vasyl Lomachenko, vice-champion du monde. Pris de vitesse dès le début, compté à trois reprises durant le premier round, le français a été mis à l'arrêt par l'arbitre alors qu'il était mené 9-1, avant même la fin de ce premier round. Il se contente donc de l'argent. Daouda Sow tentera de ramener l'or dimanche matin (8h40 heure française).

Basket (F) : La sélection américaine de basket féminin s'est imposée tranquillement contre l'Australie en finale du tournoi olympique (92-65). C'est leur 4ème médaille d'or de rang aux JO. Une victoire qui précède peut-être celle de Kobe Bryant et consorts contre l'Espagne, les américains devraient en effet enfin retrouver leur rang. Match à suivre demain matin à 8h30, juste avant la finale de handball (9h45 heures françaises).

Baseball : Incroyable finale ! Merci à Canal+ Sport de l'avoir diffusé en intégralité...
La Corée du Sud l'a emporté sur les favoris, Cuba (3-2), à l'issue d'un suspense incroyable en dernière manche et d'une action spectaculaire en défense (un double-jeu alors que les cubains étaient présents sur les trois bases !).

Athlétisme : Dernières finales, avant le marathon de demain matin.

- Enorme surprise en saut en hauteur : dominatrice depuis le début de la saison, Blanka Vlasic doit se contenter de la médaille d'argent. La croate a été battue par la belge Tia Hellebaut, qui a passé 2,05m dès son premier essai, alors que Vlasic n'a passé cette barre qu'à son deuxième essai. C'est le premier titre olympique en athlétisme de l'histoire de la Belgique !

- 5000m : Kenenisa Bekele a réussi à Pékin ce qu'il avait manqué à Athènes. 2ème en 2004, l'éthiopien a cette fois-ci survolé la course, signant un nouveau record olympique (12'57"82). Les kenyans Eliud Kipchoge et Edwin Soi complètent le podium.
Comme chez les femmes avec Tirunesh Dibaba (éthiopienne également), il y a donc un fabuleux doublé 5000/10000.

- 4x400m (F et H) : Les Etats-Unis ont sauvé l'honneur en remportant les relais 4x400m (après les débâcles sur les 4x100m).
Chez les femmes d'abord, Mary Wineberg, Allyson Felix, Monique Henderson et Sanya Richards (3'18"55) sont remontées sur les russes, pourtant parties en première position dans le dernier relais. La Jamaïque prend la 3ème place, soit le même podium qu'il y a quatre ans.
Et quelques minutes après, les américains ont dominé la finale du relais 4x400m masculin. Merritt, Taylor, Neville et Wariner se sont imposés en 2'55"39, soit un nouveau record olympique. Les Bahamas prennent l'argent tandis que la Russie obtient le bronze.
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Mi-figue, mi-raisin  (23-08-2008)

A l'image du début de journée (marche et BMX, voir article précédent), le reste des compétitions d'hier a été une succession de déceptions et de satisfactions pour le clan français.

A commencer par la boxe :

- Khedafi Djelkhir (57 kg) s'est facilement qualifié pour la finale (ce samedi, contre un ukrainien). Mené 5-2 à l'issue du premier round, son adversaire a jeté l'éponge avant la reprise. Cela commençait bien pour la France.

- Mais le combat d'Alexis Vastine (64 kg) s'est bien moins bien passé. Dominant le dominicain Felix Diaz pendant le début de combat, le français se trouvait pénalisé par l'arbitre une première fois. Puis, alors qu'il avait encore 3 touches d'avance, il se faisait remonter, et finalement égaliser (10-10) à 19" de la fin du combat.
C'est alors que l'arbitre le pénalisait une deuxième fois, entraînant forcément l'élimination du français. Une décision arbitrale évidemment fortement contestable : mettre une telle pénalité (qui coûte 2 touches) à moins de 20 secondes du terme, c'est un peu ridicule. Cela revient à dire que le vainqueur est décidé par une personne seule (l'arbitre) alors que 20 secondes plus tard l'issue aurait au moins été décidée par les 3 juges. D'autre part, le dominicain a été averti plusieurs fois verbalement sans que cela se traduise par une pénalité.
Bon... A chaque JO, il y a des contestations sur l'arbitrage ou la notation des juges, c'est un grand classique. Mais à chaque fois, sur plus de 250 combats disputés, il n'y en a guère plus de 5 ou 6 qui posent problème. Ce n'est donc pas quelque chose de trop grave. Ca tombe juste sur un français cette fois, pas de chance, mais pas de quoi en faire un scandale. Alexis Vastine remporte donc une médaille de bronze.

- La 3ème demi-finale où était engagé un français était la plus difficile des trois sur le papier. Daouda Saw (60 kg) affrontait en effet le champion du monde en titre, le cubain Yordenis Ugas. Mené d'une touche à chacun des deux premiers rounds, le français débutait le 3ème à 5-7. Mais grâce à un étonnant 4-0 dans ce round, il parvenait à inverser la situation. Le cubain semblait un peu perdu dans le round final et s'inclinait finalement largement (15-8). Le français affrontera le russe Alexey Tishchenko en finale dimanche matin.

Deux boxeurs français en finale olympique, ce n'était plus arrivé depuis 1936...

Suite du pentathlon moderne féminin (voir message précédent) : la française Amélie Cazé a réalisé le 2ème temps du 200m nage libre (3ème épreuve), ce qui lui permettait de revenir à la 4ème place du classement général. Mais malheureusement, l'épreuve d'équitation lui a été fatale : elle avait pourtant réalisé un bon parcours mais a enchaîné les pénalités sur le dernier obstacle. Elle restait 4ème avant la dernière épreuve, mais comme celle-ci n'est pas sa spécialité, le podium était déjà improbable. Et en effet, seulement 22ème temps du 3000m, elle termine à la 9ème place au général. C'est une déception, elle faisait partie des favorites avant la compétition.
Le titre a été remporté par l'allemande Lena Schoneborn, suivie par l'anglaise Heather Fell et l'ukrainienne Victoria Tereshuk.

Bonne performance de Gwladys Epangue, qui remporte la médaille de bronze en taekwondo (-67 kg). (Note : ce sera la seule médaille en taekwondo puisque Mickaël Borot, le remplaçant de Pascal Gentil, à été éliminé dès le premier tour ce matin)

Petite déception pour Mathieu Goubel en canoë monoplace (7ème) et grosse déception pour le kayak biplace français, puisque Philippe Colin et Cyrille Carré, champions du monde 2007, ne prennent également que la 7ème place.

En revanche, grande satisfaction avec la victoire des handballeurs contre la Croatie (25-23), tenante du titre. Un match serré, stressant, mais qui permet d'accéder à une finale (pour la première fois pour une équipe de handball, la meilleure performance jusqu'alors restant la médaille de bronze de 1992) dont les français seront largement favoris. Il faudra certes se méfier de l'Islande, invité surprise, mais la France devrait logiquement remporter le titre dimanche matin.

Enfin les résultats en athlétisme :

- les relais français 4x400m (H et F) n'ont pas fait mieux que ceux du 4x100m, éliminés. A noter le début de polémique autour des relais 4x100m (les athlètes devraient se préparer presque exclusivement pour ces épreuves puisqu'ils n'ont AUCUNE chance de médaille en individuel) après "l'affaire" Ronald Pognon et la démission de l'entraîneur des relais.

- le duel entre Tirunesh Dibaba et Meseret Defar a bien eu lieu sur 5000m. Les deux éthiopiennes rivales (qui ne se disent même pas bonjour) avaient pris soin de s'éviter jusque-là dans les meetings. Tirunesh Dibaba l'a emporté après une accélération fulgurante dans le final, devant la turque Elvan Abeygelesse, Meseret Defar étant reléguée à la 3ème place. Doublé 5000m/10000m pour Dibaba (et doublé Athènes/Pékin sur 5000m).

- pas de miracle pour Jérôme Clavier qui termine 7ème au saut à la perche. Le concours a été remporté par l'australien Steve Hooker à 5,90m. Il a ensuite tenté et réussi le record olympique à 5,96m.

- en revanche, excellente deuxième journée pour Romain Barras au décathlon : il termine 5ème, ce qui constitue la meilleure performance pour un français depuis bien longtemps. Le décathlon a été remporté sans surprise par l'américain Brian Clay.

- enfin 3ème course / 3ème victoire / 3ème record du monde pour Usain Bolt. Avec ses partenaires du 4x100m (Nesta Carter au départ, Michael Frater dans le virage, et Asafa Powell pour achever le travail dans la dernière ligne droite) il a permis à la Jamaïque de remporter sa 6ème médaille d'or en athlétisme.
On savait qu'avec une telle équipe, le record du monde établi en 1993 par les américains (37"40) était en danger. D'autant plus qu'un record en relai dépend beaucoup des passages de bâton, et on sait que les américains ne sont pas parfaits sur ce point.
Les jamaïcains non plus n'ont pas été parfaits. Mais ils explosent néanmoins ce vieux record de 30 centièmes : 37"10.
Avec un peu d'entraînement, ils pourraient largement faire tomber la barre des 37 secondes.
Trinidad et Tobago a pris l'argent (loin derrière, 38"06) et le Japon complète avec surprise le podium (38"15).
Les premières compétitions ont donc commencées et pour l'instant les français engagés s'en sortent plutôt pas mal.

La France a remporté son premier match en hand-ball féminin (rappelons que les deux équipes de hand sont les SEULS sports collectifs dans lesquels la France sera présente dans ces jeux) contre l'Angola.
La première mi-temps a été serrée (voire "crispée" de la part des françaises) et après 5 minutes dans la seconde période les deux équipes étaient encore à égalité. Et puis il a suffit de prendre 2 buts d'avance pour lancer la machine et la fin du match fut ensuite un vrai festival pour la France qui s'impose finalement avec 11 buts d'écart.

Pendant ce temps en équitation, au concours complet par équipe, épreuve du dressage, le premier français a pris la 5ème place provisoire. Bon, le dressage est une épreuve ultra-technique assez incompréhensible pour les néophytes, je l'ai regardé parce que je suis tombé dessus et qu'un français allait s'élancer.
Ce sera en revanche beaucoup plus intéressant lundi, pour l'épreuve de cross.
La France est championne olympique en titre au concours complet par équipe.

Et actuellement en direct, a lieu la première finale de ces jeux : le tir à la carabine air comprimé femme.
Une française s'est qualifiée (en 8ème position) pour cette finale a l'issue des qualifications, ce qui est une bonne performance, même si elle n'a aucune chance pour le podium.
La chinoise championne en titre, ULTRA FAVORITE (la première médaille d'or des Jeux était promise à la Chine), a complètement craqué et termine 5ème.
C'est finalement une tchèque qui remporte cette première médaille des Jeux.

Début à l'instant de la course cycliste sur route homme (avec la participation entre autres de tous ceux qui se sont illustrés sur le dernier Tour de France). Bon, je pense pas que je verrai la fin, je vais zapper la fin de la journée.
En revanche, je vais attendre le tir au pistolet homme et les premières séries en aviron (en espérant que ces dernières seront retransmises, j'espère par Eurosport).
Cette longue journée pour les français (avec beaucoup de compétitions à disputer) débutait très tôt (autant à Pékin 7h30, qu'en France 1h30).

Pourtant grand favori du 50km marche, Yohann Diniz n'a pas pu se mesurer jusqu'au bout à l'italien Alex Schwazer.

Dès le 10ème kilomètre, le français souffrait de douleurs au ventre, probablement à cause des conditions météo régnant sur Pékin. Il parvenait cependant à gérer la course, laissant partir un petit groupe, mais pas distancé.
Mais au 27ème km, Yohann Diniz a commencé à ressentir une contracture à la cuisse gauche.
S'arrêtant une première fois environ une minute pour se faire masser, il a tenté de continuer au courage, d'autant plus qu'il était encore 5ème de la course. De plus en plus cependant, on le voyait ralentir, hésiter, et finalement au 32ème km, alors qu'il se faisait rattraper par deux concurrents, il a fini par abandonner, atteint physiquement mais également mentalement.

C'est l'italien Alex Schwazer, en tête depuis le début, qui remporte l'or en 3h37'09, nouveau record olympique, devant l'australien Jared Tallent et le russe Denis Nizhegorodov.
Le français Eddy Riva termine 28ème en 4h00'53.

Dans la toute nouvelle discipline olympique du BMX, on attendait aussi une performance française avec Anne-Caroline Chausson, et là, la favorite n'a pas déçu.

La française a été la reine d'une autre discipline cycliste : le VTT.
Son palmarès en VTT est en effet sans appel : 19 fois championne du monde, 6 fois vainqueur de la Coupe du Monde, 10 fois championne de France, 11 fois championne d'Europe... (!)
Ayant tout gagné, et apprenant que le BMX serait aux Jeux de Pékin, elle a décidé de se recycler dans cette discipline.

Il y a deux jours, les qualifications lui ont donné raison puisque que A.C. Chausson se classait première, tandis que la deuxième française, Laëtitia Le Corguillé, se plaçait à la troisième place.
Hier, avec la pluie, les courses étaient annulées. Mais alors que le règlement de la Coupe du monde stipule que dans ce cas l'ordre est établi par les classements en qualification (ce qui aurait donné l'or et le bronze pour la France), les organisateurs ont décidé de faire jouer les demi-finales et les finales aujourd'hui (probablement pour avoir plus d'exposition médiatique pour ce nouveau sport aux JO).

Les demi-finales (disputées sur 3 manches) se passaient remarquablement bien, les deux françaises se classant chacune première de leur demi-finale (au total des 3 manches).
Mais tout cela pouvait être remis en cause lors de la finale, qui se joue en une manche sèche (note : ce que je trouve particulièrement débile, vu l'aléatoire apporté par les nombreuses chutes. Au moins deux manches seraient nécessaires...).

Les deux françaises partaient bien, Chausson prenant même la tête au 2ème virage, tandis que Le Corguillé se battait pour la 3ème place. Et dans l'ultime virage, alors que l'on attendait un sprint entre les deux premières, la britannique Shanaze Reade chutait en heurtant la roue arrière de Anne-Caroline Chausson, laissant cell-ci s'envoler pour la victoire. Quant à Laëtitia Le Corguillé, elle passait de justesse sur le vélo de la britannique et obtenait facilement la deuxième place.

DOUBLE FRANCAIS !! Anne-Caroline Chausson est en or, Laëtitia Le Corguillé en argent et la médaille de bronze revient à l'américaine Jill Kintner.
Première médaille d'or française pour une femme dans ces Jeux (5 au total), et premier doublé depuis 1996 (c'était en escrime).

Chez les garçons, la chance de médaille était moins évidente (le grand spécialiste français, Thomas Allier, ayant été éliminé en quart), mais Damien Godet pouvait espérer. Malgré de mauvais départs pendant les 3 manches de demi-finale, il parvenait à se qualifier de justesse pour la finale.
Mais en finale, dès le deuxième virage, une chute se produisait devant lui et il ne pouvait éviter de tomber à son tour.
C'est un letton, Maris Strombergs qui s'impose devant les deux américains Mike Day et Donny Robinson.

Autre compétition : en fil rouge tout au long de la matinée (et en attendant la demi-finale de handball tout à l'heure, ainsi que les premières demi-finales de boxe) a lieu le pentathlon moderne femme, où la France a sur le papier une bonne chance de médaille avec Amélie Cazé.
En retrait lors du tir (22ème), la française s'est bien reprise à l'escrime (5ème), remportant 22 de ses 35 assauts (toutes les adversaires s'affrontent en 1 seule touche). Au classement général, la française est 13ème avant d'aborder la natation, son point fort.
Il faudra prendre de l'avance avant l'épreuve d'équitation, toujours aléatoire, et la course, qui est son point faible.
Retour sur les deux dernières courses de la journée d'hier : le 400m hommes et le 110m haies.

400m hommes : Jeremy Wariner n'est plus intouchable sur le tour de piste. Tenant du titre, le protégé de Michael Johnson (qui, même s'il a perdu son record mythique sur 200m, détient encore le record du monde du 400m en 43"18) n'est pas parvenu à égaler son agent, seul athlète à avoir défendu sa médaille d'or avec succès sur cette distance, à Sydney en 2000.
L'américain (44"74) a été largement battu en finale par son compatriote LaShawn Merritt, qui décroche l'or en 43"75 (soit une seconde d'avance, presque une humiliation). Merritt avait déjà battu Wariner 2 fois cette saison.
Le podium est complété par David Neville (44"80), les américains réalisant donc un triplé. A noter que ce résultat constitue l'un des seuls bons résultats de l'équipe américaine en athlétisme, très décevante dans ces Jeux.
Côté français, Leslie Djhone a réalisé une belle course mais ne prend que le 5ème temps (45"11), comme aux Mondiaux d'Osaka en septembre 2007, mais mieux qu'à Athènes où il avait terminé 7ème.
"Je me claque au niveau des ischio-jambiers dans la phase de poussée dès les 20 premiers mètres, donc après j'essaye de limiter la casse. A aucun moment je ne peux courir, je sais qu'on n'abandonne pas dans une finale olympique c'est tout. C'est décevant dans le sens où je n'ai pas pu me battre à 100% de mes possibilités, je ne peux être que déçu", a-t-il avoué après sa course.

110m haies : Avec les absences de Terrence Trammell et Liu Xiang dans cette finale, il y avait probablement de la place pour le français Ladji Doucouré, même si le titre semblait de toute façon inaccessible.
Auteur d'un départ moyen (mais pas mauvais), le français a juste manqué de jus sur la fin de la course, et malgré une belle remontée, il casse sur la ligne en 13"24, échouant au pied du podium pour 6 centièmes.
Sans surprise, le titre est remporté par le cubain Dayron Robles en 12"93, loin devant les deux américains David Payne (13"17) et David Oliver (13"18).
A l'issue de la course, Ladji Doucouré est apparu inconsolable...
Il est vrai que les conditions favorables pour obtenir une médaille ne se représenteront peut-être plus. Passé seulement très brièvement au micro de France2, il s'est au contraire longuement arrêté sur Canal+, en larmes dans les bras de sa compagne (ex Miss France).
En effet, son entraîneur personnel est "consultant bis" sur la chaîne cryptée et a tenté de consoler son poulain : pendant de longues minutes, il lui a répété qu'il avait fait une bonne course, qu'il était à sa valeur actuelle, et que la place de 4ème était déjà exceptionnelle au vu de sa blessure au genou qui l'avait éloigné de la piste pendant l'hiver.
Le casque sur les oreilles, le visage en larmes dans ses mains, Ladji Doucouré a écouté, mais semblait vraiment trop déçu. Dans la chambre qu'il partage avec son pote Leslie Djhone au village olympique, l'ambiance a dû être morose hier soir (4ème et 5ème de leur finale respective).

Autre résultat : je parle peu des sports collectifs dans ces Jeux (sauf handball), mais cette fois le résultat est suffisamment sensationnel pour mériter quelques lignes.
A la surprise générale, le Japon a battu les Etats-Unis en finale du softball (3-1) !!
Les américaines, qui sont de véritables stars dans leur pays (car en plus des résultats sportifs, il se trouve qu'elles sont particulièrement belles...) n'avaient jamais été battues aux JO depuis l'introduction de la spécialité en 1996 !
Les nippones seront donc les dernières championnes olympiques de softball, la discipline étant retirée du programme à Londres. J'espère qu'une chaîne française diffusera samedi la finale homme (baseball), dernière chance de voir ce sport à la télévision.
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Sous le déluge  (21-08-2008)

Après plusieurs jours de grosse chaleur, c'est sous des trombes d'eau que les compétitions ont débutées ce matin.
Dans le stade du "Nid d'Oiseau", au départ à 9h (3h en France) du 20 km marche féminin, c'était impressionnant !

Du coup, un certain nombre d'épreuves ont été reculées de quelques heures (mais ont eu lieu, comme les qualifications de la hauteur femmes, dont on peut s'interroger sur la pertinence, tant les conditions étaient peu propices à ce genre d'épreuve), d'autres ont carrément été annulées. C'est par exemple le cas du BMX, il faudra donc attendre demain matin pour voir événtuellement une médaille française avec A.C. Chausson.

D'autres épreuves ne pouvaient pas être décalées (par exemple le décathlon, qui doit se disputer sur deux jours) et vont se dérouler toute la journée dans des conditions peu idéales (mais meilleures que ce matin où c'était vraiment biblique...).

20km marche (F) : Disputée au plus fort du déluge, cette compétition a vu la victoire de la russe Olga Kaniskina, championne du monde en titre, avec un nouveau record olympique à la clé (1h26'30). La russe a pris la tête dans les dix premiers mètres, dans le stade inondé, et on ne l'a plus revue pendant 20km...
La norvégienne Platzer prend l'argent, alors que l'italienne Rigaudo complète le podium.
A noter :
- l'interview assez drôle réalisé sur Canal+ : Kaniskina ne parlant que le russe, le journaliste s'est adjoint la commentatrice de la télévision russe comme interprête. Celle-ci ne parlant pas français, le journaliste posait ses questions en français (pour nous) les traduisait en anglais pour l'interprête, qui les traduisait en russe pour l'athlète, l'ordre étant évidemment inversé pour les réponses...
- l'interview très riche et intéressante du polonais Robert Korzeniowski, véritable légende de la marche (4 médailles d'or aux JO, triple champion du monde), qui a longuement parlé du 50km marche de demain, de la tactique et de la technique : en particulier le fait que l'épreuve se déroule sur du "tartan" (sur un court anneau juste à côté du stade) et non sur du bitume (route ouverte) comme souvent. Le sujet était principalement lié aux chances de Yohann Diniz, qui est rappelons-le (à moins d'une surprise ce soir) la seule véritable chance de médaille d'or française en athlétisme dans ces Jeux.
A suivre demain matin (attention : exceptionnellement, à cause de la longueur de la course, celle-ci commence bien plus tôt que d'habitude. Il faudra être levé à 1h30, et j'espère que les télévisions seront au rendez-vous).

Natation, marathon 10km eau libre (H) : La pluie a moins gêné les nageurs du marathon en eau libre. Comme hier pour les femmes, la course s'est terminée au sprint. Le premier titre olympique sur l'épreuve (puisque cette compétition est une première aux JO) est revenu au néerlandais Maarten Van der Weijden (environ 1h51') qui est revenu sur le britannique David Davies (en tête sur toute la course). L'allemand Thomas Lurz prend la médaille de bronze, tandis que le français Gilles Rondy termine 16ème.

Canoë / Kayak (en ligne) : Mathieu Goubel s'est qualifié pour sa deuxième finale (canoë monoplace 500m, alors qu'il était déjà qualifié pour le 1000m). Les autres français engagés sont éliminés.
On aura néanmoins cinq finales à regarder vendredi et samedi matin : Mathieu Goubel (C1 1000m), Philippe Colin et Cyrille Carré (K2 1000m) en découdront vendredi. Mathieu Goubel encore (C1 500m), Sébastien Jouve et Vincent Lecrubier (K2 500m), ainsi que Marie Delattre et Anne-Laure Viard (K2 500m) concourront, eux, samedi.
La vraie chance de médaille sera pour Mathieu Goubel sur la distance de 1000m.

200m femmes : Veronica Campbell-Brown a remporté l'or en établissant le 8ème temps de l'histoire sur cette distance (21"74). La jamaïcaine, qui imite son compatriote Usain Bolt sur la même distance, a devancé la favorite américaine Allyson Felix (21"93) et l'autre jamaïcaine Kerron Stewart (22"00).
La Jamaïque fait donc le grand chelem en sprint : 100/200 autant chez les hommes que les femmes.

Relais 4x100 (F et H) : Hécatombe pour les relais, pour de nombreuses nations privées de finale. En particulier les Etats-Unis (donc pas de match contre la Jamaïque en finale) et la France, qui ne qualifient aucun de leur relai...

A suivre : finale du 400m (Wariner/Merrit) et finale du 110m haies (Robles/Doucouré).
Usain Bolt
(Reuters / Gary Hershorn)
Il ne s'est pas arrêté cette fois !!

Contrairement au 100m où il avait relâché son effort avant la ligne, Usain Bolt a vraiment couru jusqu'au bout, et bien lui en a pris, puisqu'il rentre ce soir dans l'histoire en 19"30...

Une victoire annoncée


Il y a toujours des favoris au départ d'une course. Ils ne confirment pas toujours, car il y a aussi des adversaires, capables de créer une surprise.
Mais dans cette course, il y avait clairement dès le départ deux mondes distincts : celui d'Usain Bolt et celui des autres sprinters. A la différence du 100m où, avant sa démonstration, on pouvait espérer une course assez serrée même s'il était favori, personne ne pouvait imaginer que l'un des 7 autres coureurs alignés sur le 200m irait inquiéter ce soir le nouveau champion olympique de la distance reine...
Pas après sa performance sur le 100m, pas après les séries et les demi-finales du 200m, où il avait une nouvelle fois fait montre de sa facilité et de sa décontraction.
Et en plus, le 200m est sa distance de prédilection (il n'est venu au 100m que depuis quelques mois) : c'est sur cette distance qu'il est devenu le plus jeune champion du monde juniors de l'histoire à moins de 16 ans (2002), puis qu'il a été le premier junior à courir en moins de 20 secondes (à moins de 18 ans).

Usain Bolt avait quasiment course gagnée avant même le coup d'envoi. Et la question au départ n'était même pas de savoir qui prendrait les places d'honneur derrière lui (et de fait, personne n'a regardé les autres, il aurait pu s'aligner seul sur la piste que cela n'aurait pas changé les commentaires de la course...wink). Non, la question était : de quelle manière va t-il gagner ? Va t-il dérouler à 30m de l'arrivée, laissant une éventuelle tentative de record pour plus tard (dans les meetings, un record du monde se monnaye, pas aux JO) ?

Dans les starts, même décontraction que d'habitude, mêmes petits gestes pour amuser la galerie.
Dès les premières foulées, on voit qu'il est dans le bon rythme. Au milieu du virage, il a déjà avalé son voisin de couloir pourtant parti devant lui.
A la sortie du virage, il est en tête (évidemment), et au début de la ligne droite, à 70-80 mètres de l'arrivée, il n'a déjà plus aucun adversaire.
A 50 mètres, l'écart avec les autres commence à être conséquent..

C'est là que tout le monde se dit : "vas-y... continue... ne t'arrête pas !"

Un record mythique


Le record du monde du 200m homme est un des records mythiques de l'athlétisme. Il a été établi par Michael Johnson aux Jeux d'Atlanta en 1996 : 19"32.

Un temps jugé surhumain à l'époque : un mois avant les Jeux, pendant les qualifications américaines, Johnson avait battu l'ancien record (19"72), qui datait de dix-sept ans (!), en réalisant 19"66. Même Carl Lewis au faîte de sa gloire avait échoué sur ce record.

Mais à Atlanta, Michael Johnson, qui a déjà remporté le 400m quelques jours plus tôt, réalise le premier doublé 200/400 de l'histoire, dans une course d'anthologie, et porte le record à 19"32, soit plus de 30 centièmes d'amélioration !

Un temps qualifié d'imbattable, d'ailleurs élu en 2004 comme "l'événement athlétique le plus emblématique des 25 dernières années".
Bref, un record qui a rapidement acquis le statut de "mythique", au même titre que l'était en son temps le fabuleux bond de Bob Beamon à Mexico en 1968.

19"30 !!!


Record du monde 19.30
(Reuters)
En se rapprochant de la ligne, Usain Bolt a dû jeter un coup d'oeil au chronomètre géant placé à gauche de la piste. Et voir qu'il était en passe d'effacer Michael Johnson des tablettes. Probablement qu'il savait aussi qu'il avait ce record dans les jambes.

Toujours est-il qu'il n'a pas coupé son effort. Allongeant ses longues foulées, il a forcé jusqu'au bout, "cassant" même sur la ligne : puisqu'il n'avait pas d'adversaire dans la course, il en a trouvé un dans le chronomètre..
Et cela donne 19"30...tongue

Quelques précisions :

- à Atlanta, fidèle à son style de course (le buste droit, presque légèrement en arrière), Michael Johnson n'avait pas cassé sur la ligne : les 2 centièmes sont là.

- mais à Atlanta la "Locomotive de Waco" avait bénéficié d'un vent favorable de +0,4m/s, alors que "Lightning Bolt" (éclair en anglais) avait un vent défavorable de -0,9m/s.

- 19"30 / 2 = 9"65, soit très peu sous les 9"69 que Bolt a réalisé sur 100m. Or traditionnellement, cet écart est plus grand (par exemple en 1996, le record du monde du 100m était de 9"84, bien plus que 19"32 / 2 = 9"66).
On peut donc penser qu'avec la même vitesse qu'au 100m, Bolt pourrait faire mieux sur 200m.

Dans l'histoire


Au delà du temps réalisé, Usain Bolt devient le premier depuis Carl Lewis en 1984 à réaliser le doublé 100/200 aux Jeux Olympiques (ils sont 9 en tout, mais 4 seulement depuis Jesse Owens en 1936).
Mais en plus, il est le premier homme à posséder en même temps les records du monde du 100m et du 200m (sans même parler de l'amélioration des 2 records à quelques jours d'intervalle) depuis que les performances sont homologuées au centième de seconde au chronométrage électronique (1976).

Pour rejoindre Carl Lewis (9 médailles d'or olympiques) et Michael Johnson (4 titres olympiques et 9 titres mondiaux) au Panthéon de l'athlétisme, il reste au jamaïcain à rééditer ses exploits dans les futures compétitions. Il a le temps, il fêtera son 22ème anniversaire ce jeudi.
Alors, il pourra donner raison à son compatriote Asafa Powell, qui déclarait samedi après le 100m que Bolt était peut être "le meilleur sprinteur de tous les temps".
En tout cas, il a déjà réussi, en 2 courses et 2 records du monde, à presque éclipser les performances de Michael Phelps en natation la semaine dernière.

Disqualifications en série


Et les autres ?
Ben, on n'en a pas parlé, ni pendant la course, ni même après, tant l'attention était monopolisée par Usain Bolt.
Et on a bien fait, puisque les résultats d'abord affichés ont changé tout au long de la soirée.
Au début, c'est le sprinter des Antilles Néerlandaises (!) Churandy Martina (19"82) qui était crédité de la médaille d'argent et l'américain Wallace Spearmon (19"95) de la médaille du bronze.
Mais alors que ce dernier faisait un tour d'honneur très démonstratif, il était annoncé disqualifié pour avoir marché dans le couloir voisin lors du virage.
Le bronze passait donc à son compatriote Shawn Crawford (19"96), qui déclarait sur l'instant qu'il ne méritait pas cette médaille sur tapis vert.
Réclamation de la délégation américaine (pour la forme, tant les images étaient flagrantes, et de toutes façons un américain en chassait un autre).
Et plus tard dans la soirée, c'est Churandy Martina qui est déclassé à son tour, d'où un nouveau bouleversement !

Donc au final : Shawn Crawford (19"96), ex-4ème, prend la médaille d'argent, et son compatriote Walter Dix (19"98), ex-5ème, prend la médaille de bronze.

Et toutes les photos prises à l'issue de la course sont bonnes à jeter...roll
Voile, planche à voile : Julien Bontemps a finalement pris la médaille d'argent à l'issue de la dernière régate de planche à voile ce matin. Favori en 2004, il avait dû se contenter de la 9ème place. Cette année, il est monté en puissance depuis le début des épreuves (13ème, 6ème, 5ème, 3ème puis 1er...), et se présentait en tête du classement général avant le début de cette régate spéciale puisqu'elle compte double.
Sauf grosse catastrophe, il était assuré d'une médaille, mais l'objectif était vraiment l'or. Il suffisait de surveiller deux adversaires. Dès le premier bord, à cause d'un choix différent (aller à droite au lieu de la gauche), le néo-zélandais était légèrement en avance, avance creusée par une chute du français au passage de la bouée (mais cette chute n'est pas déterminante dans le résultat). Ensuite, il y avait une sorte de parcours de slalom entre deux bouées, et le français tentait de revenir sur son adversaire, mais la course n'était pas assez longue pour cela. Il termine 4ème de cette régate et prend donc la médaille d'argent, derrière le néo-zélandais Tom Ashley. Quant à l'autre adversaire du français, le britannique Nick Dempsey, il a raté cette régate et se voit dépasser au classement par l'israélien Shahar Zubari pour la médaille de bronze.
Il s'agit tout de même de la 3ème médaille pour la voile tricolore (un record depuis 1900), mais il est clair qu'une nouvelle fois dans ces Jeux, la France ne parvient pas à décrocher le titre (même quand l'athlète est favori de sa finale), et que c'est rageant...

Handball (H) : L'équipe de France masculine de handball a vengé leurs collègues féminines en disposant de la Russie (27-24) en quart de finale. Le hasard voulait en effet que la France soit opposée à la même équipe dans les deux catégories, au même stade de la compétition. Après la déception de la veille chez les femmes, les hommes n'ont pas failli. La revanche est même double, puisque lors des Jeux Olympiques d'Athènes, les russes avaient éliminé les français, déjà en quart de finale.
Au contraire de la veille, ce sont les français qui étaient favoris de ce match, mais les russes sont restés au contact pendant tout le match et ont même inquiété les français dans les dix dernières minutes.
Dans l'autre match du tableau, la Croatie s'est imposée (26-24) face au Danemark. Ce sont donc les champions olympiques en titre qui défieront la France en demi-finales vendredi (qui devrait être une finale avant l'heure).
Enfin, la grosse surprise de la compétition est venue de l'Islande, qui s'est également qualifiée pour les demi-finales en battant la Pologne (32-30), pourtant vice-champions du monde en titre. Personnellement, je ne savais pas que l'Islande avait une équipe de handball, et je suis encore plus surpris de les voir dans le dernier carré. Ils affronteront l'Espagne en demi-finale, qui a battu la Corée du Sud (29-24).

Natation, marathon : Cette épreuve assez particulière consiste en 10 km (!) de natation en "eau libre" (c'est à dire en plein air, sans couloirs, dans le bassin utilisé pour l'aviron). Après 1h59'27"7 d'efforts, c'est la russe Larisa Ilchenko qui l'a emporté au sprint, devançant les britanniques Keri-Anne Payne et Cassendra Patten. La première française, Aurélie Muller, termine à la 21ème place en 2h02. Les hommes nagent demain.

Cyclisme (BMX) : C'est une toute nouvelle épreuve aux Jeux Olympiques. Et ça tombe bien, il y a des français parmi les meilleurs spécialistes de la discipline ! (surtout chez les filles). C'est assez spectaculaire à regarder, assez risqué également, une bosse mal prise et on perd toute la vitesse acquise ou on chute...
Pour l'instant les deux françaises sont en demi-finales (et l'une a une vraie chance de médaille), chez les hommes un est passé, l'autre a été éliminé.

Athlétisme (sauf 200m...) : Qualification de Ladji Doucouré pour la finale du 110m haies, élimination de Muriel Hurtis sur 200m, 5ème place pour Manuela Montebrun au lancer du marteau, Melaine Walker (Jam) sacrée sur 400m haies.
Toujours très attendu dans le clan français, Mehdi Baala nous a pourtant habitué aux désillusions : 4ème à Sydney, éliminé en qualifications à Athènes, la surprise aurait finalement été qu'il monte sur le podium de ce 1500m à Pékin.

Mais il n'a pas correctement réagi aux changements de rythme de la course. D'abord lâché au train, pointant dans les derniers à 400m de l'arrivée, il a ensuite profité d'un léger ralentissement pour revenir. Et alors que les deux premiers s'envolaient (et étaient déjà inaccessibles), il commençait seulement à accélérer dans le dernier virage. Une bonne remontée dans la ligne droite lui permettait de passer plusieurs concurrents, mais il échouait finalement à 5 centièmes du podium.
Il a déclaré qu'il n'avait pas de regrets, qu'il était trop fatigué pour suivre le rythme et qu'il avait tout donné sur la fin.
C'est le bahreïni d'origine marocaine Rashid Ramzi qui remporte la course (en 3'32"94) devant le kenyan Asbel Kipruto Kiprop (3'33"11), alors que le néo-zélandais Nicholas Willis conserve donc tout juste la médaille de bronze devant le français.

Ce mercredi, on attendra côté français les demi-finales du 110m haies et du 200m femmes, mais le grand moment de la journée sera évidemment la finale du 200m hommes, avec le doublé annoncé 100/200 pour Usain Bolt (mais probablement pas de record du monde, son seul concurrent, Shawn Crawford, risque d'être battu aux 150m et Bolt va dérouler comme au 100m puisqu'il ne se préoccupe pas des records).


Autres courses/concours :

Mardi

400m (F) : Grosse surprise, la britannique Christine Ohuruogu a remporté l'or devant la jamaïcaine Shericka Williams et la favorite américaine Sanya Richards qui doit se contenter du bronze.

100m haies : La grande favorite, l'américaine Lolo Jones a marché sur l'avant-dernière haie et ne termine que 7ème. Sa compatriote Dawn Harper (12"54) décroche l'or devant l'australienne Sally McLellan (12"64) et la canadienne Priscilla Lopes-Schliep (12"64).

Lundi

Saut à la perche (F) : Yelena Isinbaeva s'est imposée sans surprise. La russe en a  profité pour établir un nouveau record du monde en passant 5m05 (1 cm de plus que son précédent record) au troisième essai. Elle avait préalablement assuré sa médaille d'or avec un saut à 4m95.

3000m steeple : Première médaille pour l'athlétisme français avec Mahiedine Mekhissi-Benabbad qui prend la médaille d'argent en 8'10"49.
Un résultat inattendu, d'autant plus qu'il s'en est fallu de 15 centièmes de seconde pour que ce français de 23 ans mette un terme à un quart de siècle d'hégémonie kenyane sur la distance. Ce sont d'ailleurs deux kenyans qui complètent le podium : Brimin Kiprop Kiprutop s'est octroyé la médaille d'or, Richard Kipkemboi Mateelong, celle de bronze.
Les trois hommes se sont détachés dans le dernier virage, au passage de la dernière rivière, et à l'entrée de la ligne droite le podium était déjà assuré, l'ordre se disputant au sprint. L'autre français, Bouabdellah Tahri, beaucoup plus connu au plan national, est quant à lui arrivé 5ème de cette finale (comme à Athènes il y a quatre ans et aux Mondiaux d'Osaka l'an dernier).
Cette médaille est une première pour la France depuis 1984.
Les principales références de Mekhissi-Benabbad, à ce jour, étaient un titre de champion d'Europe des moins de 23 ans, en 2007, et une victoire au meeting de Monaco, en juillet dernier. C'est peut-être pourquoi cette première médaille en athlétisme a été accueillie avec scepticisme par plusieurs athlètes et cadres de la délégation française, "troublés par les zones d'ombre de son parcours". Mais au-delà des suspicions, ces réactions pourraient tout simplement être liées aux nombreux différents qui ont opposé l'athlète et les entraîneurs ou dirigeants de la Fédération par le passé.

400m haies (H) : Angelo Taylor (47"26), Kerron Clement (47"98), et Bernshawn Jackson (48"06) ont dominé la course et réalisent un triplé pour la délégation américaine.
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  • » JO 2008