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#1  13-09-2010 11:25:42   Affaire Woerth : "Le Monde" va déposer une plainte contre X pour violation du secret des sources

MpokNews
Administrateur
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Messages: 149

Afin d'identifier la source d'informations parues dans "Le Monde" sur l'affaire Woerth-Bettencourt, l'Elysée a eu …

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Administrateur MpokNews

#2  13-09-2010 17:34:29

Stilh
Régulier
Inscription: 01-12-2007
Messages: 64

Les réactions à cette atteinte à la liberté de la presse qui dérange le pouvoir


- David Assouline, sénateur PS : "Ce que révèle Le Monde -qui n'a pas la réputation de lancer des affirmations aussi graves à la légère- serait une étape supplémentaire dans cette entreprise de démolition de ce droit fondamental et constitutionnel qu'est la liberté de presse". "Trop, c'est trop. Il faut que tous les démocrates disent fort à ce gouvernement: la liberté de la presse est la prunelle des yeux de la république. N'y touchez plus! Dans cette affaire, la vérité devra aller jusqu'au bout".

- Aurélie Filippetti, députée socialiste : C'est "une atteinte insupportable à la protection des sources des journalistes. L'affaire Woerth-Bettencourt est de nouveau la cause d'une atteinte inacceptable à l'un des principes fondamentaux de la démocratie: la protection des sources de la presse", Lors du débat sur la loi du 5 janvier 2010 sur la protection des sources des journalistes, "j'avais dénoncé un leurre et un dangereux risque de dérive. Force est de constater qu'en voici la preuve, avec un nouveau scandale digne du Watergate, que l'on pourrait surnommer le 'woerthgate'".

- Benoît Hamon, porte-parole du PS : demande "que toute la lumière soit faite sur la réalité ou pas d'écoutes téléphoniques qui auraient pu justifier la mise à l'écart de ce magistrat du cabinet de Mme Alliot-Marie et nous demandons à savoir si oui ou non le journal Le Monde a été mis sur écoutes dans le cadre de cette affaire".

- Alain Vidalies, porte-parole des députés socialistes : "Il ne nous paraît pas possible que le gouvernement, qui ferait l'objet d'une plainte gravissime visant le fonctionnement même de notre démocratie, ne s'exprime pas". "Il est indispensable à ce stade, pour le moins, que le gouvernement s'exprime. Ce serait la moindre des choses", a-t-il martelé.

- Noël Mamère, député-maire de Bègles (Verts) estime qu'on est "à la veille d'une nouvelle affaire d'Etat". "Si Le Monde va aussi loin c'est qu'il a des éléments pour y aller, ce n'est pas un journal révolutionnaire ni anti-sarkozyste" et "quelles que soient les dénégations de l'Elysée, on est dans une atmosphère totalement pourrie qui ne fait que servir la demoiselle du Front national".

- Eva Joly, députée européenne Europe Ecologie, ancienne juge d'instruction : "Nous avions une affaire Bettencourt qui est devenue une affaire Woerth qui devient Sarkogate". "C'est extrêmement grave, c'est une atteinte à la liberté de la presse et c'est surtout confondre la notion des intérêts de l'Etat avec les intérêts personnels d'un parti et de quelques hommes comme M. Sarkozy et M. Woerth", a-t-elle poursuivi, demandant que "la lumière soit faite".

- Marie-George Buffet, députée PCF de Seine-Saint-Denis : "Avec cette affaire, une étape supplémentaire vient d'être franchie dans le délabrement de notre démocratie soumise aux coups de boutoirs de la 'bande du Fouquet's'". "Ce coup fait mal à la République puisqu'il viole la liberté de la presse. Si la main de la présidence de la République se confirmait, nous serions en présence d'une affaire d'Etat. Et ceux qui auraient ainsi bafoué notre démocratie devraient en tirer les conséquences que dicte le respect de la République", conclut-elle.

A droite :

- Présidence de la République : "L'Elysée dément totalement les accusations du Monde et la présidence de la République précise qu'elle n'a jamais donné la moindre instruction à quelque service que ce soit".

- Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP : Ce journal "dit ce qu'il veut, mais laissons la justice faire son travail et les Français jugeront ensuite".

- Eric Woerth, ministre du Travail, interpelé par les députés socialistes à l'Assemblée a rétorqué que ce rappel à l'ordre "n'avait rien à voir avec le texte". "Je n'ai rien à répondre à cela". "Que d'agressivité de la part du PS, que de lourdeur!". "Avant d'insulter les gens, veuillez respecter la présomption d'innocence (...) Nous sommes ici pour parler des retraites".

(Nouvelobs.com)

#3  17-09-2010 18:36:08

Mpok
Habitué très actif
Inscription: 06-02-2006
Messages: 402

Ouais... unsure
Il y a quand même certains "amalgames" faciles dans cette 'affaire'...

Premièrement, la "liberté de la Presse" n'est en aucune façon en danger, la preuve, c'est que l'on discute de ce sujet (et je ne parle même pas de la FLOPPEE de révélations de ces derniers temps, que ce soit par la presse écrite ou par la presse en ligne, dont certaines ont d'ailleurs été commentées ici-même). Sur ce point, la France fait au contraire partie des meilleurs élèves, et on ne peut que s'en réjouir ; la presse a toute lattitude pour "sortir" les infos, même dérangeantes pour le pouvoir.

Ensuite, quant à la "protection des sources", effectivement garantie par la Loi, je trouve que les "cris d'orfraie" (note : et l'expression est précisemment choisie à bon escient, puisque je considère qu'il y a effectivement exagération sur ce point...) du Monde et de divers responsables politiques est plutôt mal venue (ou tout du moins exagérée).
Si "l'enquête" avait ciblé le journal lui-même, on aurait effectivement pu s'indigner à juste titre.
Mais ce n'est pas le cas...
Il s'agit en fait d'une enquête "interne" (aux services de l'Etat), visant à déterminer l'origine des fuites. Quoi de plus naturel : si un haut fonctionnaire de l'Etat révèle à la Presse des informations confidentielles, qu'il n'est pas censé révélé de par son devoir de réserve, il est normal qu'une enquête administrative s'ensuive, et le fonctionnaire sanctionné s'il est identifié.

Le principe de protection des sources s'oppose ici au principe du devoir de réserve des fonctionnaires et/ou des magistrats. Il est "de bon ton" pour Le Monde de s'insurger, MAIS il apparaît clairement que leurs infos ont été obtenues selon des agissements ILLEGAUX (de la part de leur informateur). C'est donc un peu "facile" de vouloir se protéger sur la "protection des sources", puisqu'ils savent très bien que d'une part ils ne protègent finalement personne (la source étant déjà divulguée, et d'ailleurs nommée dans leur article), et que d'autre part la cause est perdue d'avance, puisque l'Etat avait évidemment le droit de chercher la "fuite" dans ses services.

Sans prendre parti pour l'une ou l'autre des parties, je dirais que :
- Le fonctionnaire a eu raison de donner l'info, en acceptant par avance les éventuelles sanctions (c'est son choix).
- Le Monde a eu raison de publier l'info qu'ils avaient reçue (même en sachant le côté illégal de la chose).
- L'Etat a eu raison de mener une enquête et de sanctionner (ou alors, autant accepter qu'une éventuelle "source" au sein de l'Etat révèle des secrets militaires/nucléaires.. ; le "principe de réserve" doit s'appliquer pour tous).

Mais Le Monde a eu tord de 'monter en épingle' (la plainte..) cette 'simili-affaire'. En surfant sur l'actualité récente, ET EN PARTICULIER sur des révélations émanant de CONCURRENTS, ils ont voulu "reprendre la main" sur ces concurrents en renchérissant à coup de news incroyable.

Un "move" classique au poker, et qui peut marcher (certains médias et hommes politiques sont d'ailleurs tombés dedans), sauf que moi, franchement, je ne crois pas une seconde au "bluff"... fier